Des plumes sous la lune (chapitre II)

Comme on l’a vu dans le précédent article « Des plumes sous la lune (Chapitre I) », chouette, hibou, engoulevent, ibijau et guacharo, sont tous des oiseaux nocturnes. Dans ce second chapitre, on part à la découverte d’oiseaux nocturnes moins connus et d’oiseaux qui s’activent aussi bien le jour que la nuit.

Connaissez-vous le Savacou Huppé ? C’est un étrange oiseau nocturne rarement

Savacou huppé, Cochlearius cochlearius.

observé. Cet oiseau, de la famille des hérons et autres aigrettes, les ardéidés pour les scientifiques, s’en distingue par son gros bec et ses mœurs nocturnes. Présent dans les mangroves et les marais du littoral, il part pêcher à la tombée de la nuit. Ses grands yeux et son gros bec en font un exemple unique dans cette famille plutôt caractérisée par la finesse de leur tête. Il existe d’autres ardéidés qui s’activent aussi bien de jour que de nuit. C’est le cas du Bihoreau gris et de son cousin le Bihoreau violacé.

Plus étonnant encore, une espèce de canard, le Dendrocygne à ventre noir, est devenu un oiseau nocturne, certainement pour fuir les chasseurs.  Il ne faudrait pas oublier de

Bécasseau sanderling, Calidris alba.

nombreux limicoles qui continuent de se nourrir la nuit, en fonction de l’heure de la marée. En effet, l’accès à la nourriture ne se faisant qu’à marée basse, ces oiseaux restent actifs sous la lune. Au passage, déranger ses oiseaux lorsqu’ils sont posés sur leurs aires de repos est à éviter. Certains arrivent tout juste de très longues migrations (Voir l’article : « les limicoles sont arrivés« ), d’autres ont passé une nuit blanche à chercher des vers et autres petits crustacés.

On pourrait aussi parler des nombreux oiseaux migrateurs qui volent aussi bien de jour que de nuit. Certains ont développé un système original : ils dorment en volant. Les martinets volent de jour comme de nuit, ils ne se posent que pour nicher.

Vous l’aurez compris, les oiseaux qui ont une activité nocturne ne se limitent pas aux chouettes et aux hiboux. Une grande majorité des oiseaux sont diurnes, mais certains ont une vie nocturne. Allez, faites de beaux rêves sur votre édredon en plumes…

Galerie des oiseaux cités dans l’article :

Pour en savoir plus :

« Portraits d’oiseaux guyanais« , 2003, Gepog, Ibis rouge éditions, 479 pp.

« Oiseaux de Guyane« , 1992, O. Tostain, J-L. Dujardin, Ch.Erard & J-M. Thiollay, S.E.O., 222 p.

« Les limicoles de la façade atlantique des Amériques« , 2004, E. Hansen, W. Raitière, A. Lartiges, Sepanguy, 128 p.

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Des plumes sous la lune (chapitre I)

Mais que font les oiseaux la nuit ? La plupart dorment, pas dans leur nid qui ne sert qu’au moment de la reproduction, mais perchés sur une patte la tête sous une aile, agrippés à une branche ou dans un trou d’arbre. Pour le sommeil des oiseaux, je vous conseille de visionner la vidéo de Max Bird, « IDÉE REÇUE : Les oiseaux dorment dans un nid ? », un ancien élève de Kourou, c’est drôle et c’est très instructif.

Mais tous ne dorment pas. Certains, au contraire, commencent à s’activer à la tombée

Grand-duc d’Amérique, Bubo virginianus.

de la nuit pour se coucher au lever du jour. Parmi ces nocturnes, les chouettes et les hiboux sont les plus célèbres. En Guyane, on en recense 13 espèces de la toute petite Chevêchette D’Amazonie, pas plus grande qu’un Kikiwi au plus imposant : Le Grand -duc d’Amérique.  Pouvant peser jusqu’à 2,5 Kg, le Grand-duc est un prédateur se nourrissant de petits mammifères, d’oiseaux, de reptiles, d’amphibiens et d’insectes. Malgré sa taille, il est facile de passer à côté, en pleine journée, sans le voir car son immobilité et son plumage mimétique lui assure une parfaite discrétion. Toutes les chouettes et les hiboux sont intégralement protégés en Guyane.

Engoulevent minime.

Ces célébrités ne sont pas les seuls oiseaux nocturnes. Il n’est pas rare, la nuit, de croiser au beau milieu d’une piste un engoulevent. Ces oiseaux passent la journée à terre ou sur une branche basse, immobile. Leur plumage leur permet de se confondre facilement avec le paysage. A la tombée de la nuit, ils s’envolent pour capturer de nombreux insectes en plein vol. Les engoulevents pondent, pour la plupart des espèces, un seul œuf à même le sol. Le petit compte sur son immobilité parfaite et son plumage mimétique pour échapper à ses prédateurs.

Il ne faudrait pas oublier l’Ibijau. Cet oiseau est une véritable bizarrerie. Ces yeux

Ibijau gris, Nyctibius griseus

immenses brillent comme deux phares dans la lumière des lampes. Comme les chouettes et les hiboux, l’Ibijau trahit sa présence par son chant sonore. Contrairement à ses cousins les engoulevents, cet oiseau ne vit pas sur le sol. Il se perche en général sur un bois mort d’où il s’envole capturer les insectes et revient se poser sur son perchoir. L’Ibijau ne construit pas de nid. Il pond un œuf unique à l’extrémité d’un bois mort. Le jour, immobile, le corps dans le prolongement de cette branche, il sera très difficile à découvrir.

Quant au Guacharo des cavernes, comment le décrire ? Imaginez une sorte d’engoulevent de près de 50 cm de long, marron, avec un bec puissant et pointu. Pour se repérer en vol la nuit, il utilise la technique d’écholocation, un peu comme les chauve-souris. Il émet des sons et et écoutent l’écho afin de se situer et d’identifier les obstacles. Ils nichent dans des grottes et se nourrit de fruits ! Rarissime en Guyane, où il n’est connu que depuis 2011, on le trouve surtout au Venezuela, du Pérou à la Bolivie et sur l’île de Trinidad. Si vous avez toujours du mal à vous faire une idée, je vous conseille de lire cet article du GEPOG : « Une nouvelle espèce d’oiseau nocturne, le Guacharo des cavernes, vient d’être découverte en Guyane« .

Et vous n’êtes pas au bout de vos surprises ! D’autres oiseaux s’activent la nuit. Vous les découvrirez dans le prochain article : « Des plumes sous lune (Chapitre 2) ». Pour vous plonger dans l’ambiance des nuits guyanaises, citons un petit extrait de William Beebe : « D’un bout à l’autre de la piste circulaient des engoulevents à collier blanc, au vol bref et silencieux, légers, lorsqu’ils touchaient la terre, comme des graines flottantes, et qui posaient leur éternelle question : « Who are you ? » aussi nettement que des lèvres humaines.« 

La Galerie des nocturnes

Pour en savoir plus :

« Portraits d’oiseaux guyanais« , 2003, Gepog, Ibis rouge éditions, 479 pp.

« Oiseaux de Guyane« , 1992, O. Tostain, J-L. Dujardin, Ch.Erard & J-M. Thiollay, S.E.O., 222 p.

« Une nouvelle espèce d’oiseau nocturne, le Guacharo des cavernes, vient d’être découverte en Guyane« . S. Uriot, , A. Renaudier, C. Cambrézy, O. Claessens, 2011, GEPOG, 2 pp.

Vidéo :

« IDÉE REÇUE : Les oiseaux dorment dans un nid ? », Max bird.

Cité dans cet article :

« Dans la jungle de Guyane », William Beebe, 1925, Librairie Stock, 222 pp.

 

Les Aristoloches : De drôles de lianes.

Aristolochia iquetensis

Les lianes en Guyane, on connait. Ses plantes bien ancrées dans le sol qui grimpent jusqu’à la canopée ne sont pas rares dans nos forêt. Mais connaissez-vous l’Aristoloche ? Parfois appelé Liane amère, c’est une liane qui s’entoure autour d’un arbre, souvent sans feuille visible. En effet, les Aristoloches font leurs feuilles en pleine lumière, c’est-à-dire tout là-haut, à la cime des arbres.

Aristolochia bukuti

Difficile donc de les reconnaître parmi toutes les autres lianes. Mais, c’est sans compter sans la période de floraison. Car, si les feuilles sont à la lumière, les fleurs, elles, apparaissent sur la tige tout près du sol, au ras des pâquerettes, si j’ose dire. Et quelle fleur ! Celle d’Aristolochia bukuti, non contente d’afficher une drôle de forme, dégage une forte odeur qui attire les insectes. Ceux-ci pénètrent dans la fleur et seront momentanément piégés par de longs poils qui les empêchent de ressortir. La fleur, en se fanant, les libère, couverts de pollen. Ils pourront ainsi aller féconder une autre fleur. Aristolochia iquitensis, plus connues sous le nom de Kwasiba en sranan tongo, est aussi une liane qui produit des magnifiques fleurs près du sol.

Les Aristoloches sont des plantes plutôt rares. Leurs fleurs étonnantes et leurs couleurs chatoyantes sont un réel plaisir à découvrir. Aristolochia bukuti est en pleine floraison. Donc cet été, ouvrez l’œil et le bon !

Salut les îles !

Vendredi 22 juillet, 7 heures, les plus matinaux sont déjà là. Ils attendent impatients. Qui ? Quoi ? Les élèves du collège V.Schoelcher se sont réveillés pour certains aux aurores, excités à l’idée de se rendre aux Iles du Salut. Pourtant, le rendez-vous avait été fixé à 7 h 30… Petit-à-petit, 60 élèves de la sixième à la 3ème, sans oublier les ULIS, répondent présents. On peut embarquer pour une journée qui s’annonce bien belle. Au programme, Des jeux par équipe de trois, en SVT, en Histoire-Géographie et en EPS sont prévus.

Dès le départ, il faut observer la mangrove et ses crabes violonistes, première énigme du questionnaire de SVT. Puis, on navigue vers les îles. La mer est belle. Les balises du chenal défilent les unes après les autres, comme un compte à rebours.  Ne pas les rater ses balises car elles servent de reposoirs aux oiseaux marins à identifier pour le jeu. On finira par observer trois grandes frégates, oiseaux pirates attendant les sternes pour pouvoir les voler.

Arrivés aux îles, nous nous rendons à son sommet, sous les manguiers. Les groupes se dispersent sur les différentes activités. Pendant que certains partent sur la course d’orientation, les autres font des tournois d’ultimate et de football, sans oublier de jeter un coup d’œil à la faune locale et aux vestiges du bagne.

A la pause déjeuner, un Ara bleu vient nous exhiber ses couleurs. Aurait-il été attiré par les couleurs des T.Shirts du collège ? Sage comme une image, on l’acceptera en classe l’an prochain. A deux pas de là, un groupe de capucins bruns nous rend visite. Un gros mâle, une femelle avec son petit, des jeunes, tout le groupe rentre en contact avec les humains. Il y a aussi, dans l’ancienne carrière abandonnée, des iguanes qui se donnent en spectacle. Quant aux agoutis, ils gambadent dans tous les sens. C’est la magie des îles du Salut, là où l’homme peut facilement approcher des espèces plus farouches sur le continent.

L’après-midi, rotation des groupes. On complète les activités du matin. Pour la course d’orientation, les élèves galopent comme des agoutis. A croire que c’est contagieux. Le goûter et l’heure du retour vers le débarcadère a sonné. Nous observons de jeunes Tortues vertes qui nagent tout près du bord.

Tout le monde est là ? Alors on peut embarquer. Peu d’oiseaux sur le trajet. On remarque que sur le littoral, le ciel est chargé. Nous nous avons eu du beau temps toute la journée. Une bien belle journée et pour de nombreux élèves une découverte de ce petit paradis qu’ils ne connaissaient pas. Larissa, en 6ème, l’a bien résumé : « C’est quand qu’on ouvre un collège aux Iles du Salut ? » Bravo et merci aux organisatrices. Bravo aussi à Shannon, Maeva et Alexia qui ont remporté le concours de la journée.

Pour télécharger le jeu de SVT, taper sur « Kiskidi »

Pour voir d’autres images d’animaux croisés pendant la sortie, allez vous promener dans la photothèque, en cliquant sur les liens ci-dessous :

Les sternes

Les frégates

Les tortues

Les crabes violonistes et les lygies

Les agoutis

Les singes

Les lézards et iguanes

L’ara

Le troglodyte

 

Curieux bestiaire : La Tortue luth

La tortue luth

Le genre : Nom féminin.

Le nom latin : Dermochelys coriacea

Le groupe : Testudinés

La description : La tortue luth a la tête très grande ce qui contraste avec un museau peu développé. Elle a un large cou, sa queue est de forme conique. Sa couleur de peau est d’un bleu foncé avec des petits points blanchâtres.

Phrase exemple: Nous avons fait une collecte d’argent pour aider les tortues luths.

 

Jeu de mots: La tortue luth n’a pas tord, elle me tue dès qu’elle joue du luth.

Fiche présentée par Alexia V., 13ans.

 

Les plantes de Guyane : De nouvelles images sur Dipijo

Aristolochia iquetensis

Dipijo propose de nouvelles galeries d’images sur les plantes de la Guyane. Recouverte de forêts, la Guyane est le royaume des plantes. Pour une première découverte, il est proposé dans ces galeries quelques photos de végétaux associés à leurs milieux de vie :

 

 

Les plantes du bord de mer

Les plantes des marais et des pripris

Les plantes des savanes

Les plantes de forêt

Si cette petite balade dans les images vous a plu, je vous conseille d’aller arpenter les sentiers botaniques.

Pour la forêt :

  • le sentier de la montagne des singes à Kourou (sur votre droite après le parking)
  • Le sentier de la piste de St Elie, à Sinnamary, à droite après le carbet communal.
  • Le sentier de la réserve naturelle trésor sur la route de kaw.

Pour les savanes : un parcours sonore a été aménagé, par le Gepog et Life +cap dom, sur la commune de Sinnamary, à partir de la maison de la nature des pripris de Yiyi, une visite originale et intéressante. Pour en savoir plus, cliquez ici.

Mais, si vous voulez une version « live » de la connaissance des plantes et en particulier des orchidées, une visite au jardin botanique de Guyane s’impose. Prenez la visite guidée, c’est passionnant (trouvez les coordonnées : ici)

Et voilà ! Vous voulez en savoir plus. Une petite balade virtuelle pour continuer :

http://www.lachaussetterouge.fr/ : Un site, créé par un professeur des écoles de Kourou, très richement documenté sur les plantes de Guyane. A visiter absolument.

http://floredeguyane.piwigo.com/ :  Ce site est très riches en photographies de plantes de Guyane. Il permet plusieurs types de recherches : par les noms scientifiques, par les les familles botaniques, par les biotopes ou par les types de plante.

http://herbier-guyane.ird.fr/ : Le site de l’Herbier IRD de Guyane (CAY), créé en 1965, abrite aujourd’hui près de 200 000 spécimens, provenant pour l’essentiel de Guyane française, mais aussi du Surinam, du Guyana, du Brésil (notamment de l’état de l’Amapá) et du Vénézuela (état d’Amazonas).

Curieux bestiaire : Le Toucan

Le genre du toucan est masculin.

Le nom de la famille scientifique du toucan est RAMPHASTIDAE.

Le terme générique du toucan est un oiseau.

DESCRIPTION DU TOUCAN

Le toucan est un oiseau qui a un plumage remarquable avec un corps noir, une gorge blanche et des cercles bleus autour des yeux. Mais ce qui frappe le plus c’est leur immense bec jaune avec une tache noire.

Ce bec parait pesant, mais en fait il est extrêmement léger car il est creux à l’intérieur. Il y a des toucans dans le bec est plus long que leur corps entier.

ALIMENTATION ET MILIEU DE VIE

Le toucan se nourrit d’insectes, de fruits, de graines, d’œufs, ainsi que de lézards et d’oisillons.

Il vit dans les arbres des forêts d’Amérique centrale, du Mexique et d’Amérique du sud.

LA PHRASE EXEMPLE

Il a vue aux terres neuves un oiseau que les amérindiens appellent dans leur langue  « toucan ».

L’étymologie du mot toucan est un mot en Amérindien (TUPI)

ACROSTICHE

Tête atypique

Oiseau au long bec

Un corps emplumé non magique

Coiffé d’un appendice aux couleurs féériques

Arc-en-ciel sur ton bec

Ni passereau ni perdreau bel oiseau exotique

Fiche présentée par Nelya T. 13 ans.