Courtilières : Des petits trous, toujours des petits trous.

Courtilière

En ce moment, de drôles d’insectes nous rendent visite le soir. Ils glissent et dérapent sur le carrelage. Visiblement, mal à l’aise sur ce type de sol. Ce sont des courtilières, un insecte cousin de nos grillons, sauterelles et criquets, bref un orthoptère pour les scientifiques.

Quand on le regarde de plus près, on comprend tout-de-suite pourquoi le carrelage ne lui convient pas. Sa première paire de pattes est transformée en sorte de pelles car la courtilière est une championne

La première paire de pattes des courtilières leur permet de creuser.

pour creuser des galeries dans le sol. Dans ces galeries, elles se cachent, pondent et atteignent les racines des plantes. Les mâles chantent aussi parfois depuis une chambre souterraine. Mais les Courtilières ne vivent pas uniquement sous la terre, elles sortent la nuit pour chasser. Vous avez peut-être vu sur la plage, des sortes de longues galeries juste sous la surface du sable. Ne cherchez plus, c’est l’œuvre de nos Kotkoti comme on les appelle au Surinam.

Les courtilières creusent des galeries sous terre.

Ils existent plusieurs espèces de courtilières en Guyane. Toutes ne fréquentent pas les plages. On en retrouve souvent dans les jardins où elles causent de gros dégâts car certaines espèces adorent les racines et les graines des plantes. D’autres sont carnivores ou omnivores, ne dédaignant pas de temps en temps un ver de terre ou un insecte. Enfin, une espèce, Scapteriscus didactylus, cause de gros dégâts dans les pontes de Tortues marines, notamment de la Tortue luth.

Il ne vous reste plus qu’à attendre l’arrivée surprise d’un de nos petits mineurs pour l’observer de plus près.

Pour en savoir plus :

« Natural History and Ecology of Surinam« , 2018, Bart de Dijn Editor, LM Publishers, 480 pp. Une fiche sur la courtilière pour s’amuser à faire de la science en anglais.

« Les tortues marines de Guyane« , 2005, Jacques Fretey, Plumes vertes. 190 pp. Un bel article sur la prédation des œufs de tortues luths par les courtilières.

 « Scapteriscus didactylus (ORTHOPTERE ; GRYLLOTALPIDAE), prédateur des œufs de tortues luths (Dermochelys coriacea) en Guyane française », 1998, A. Maros, 80 pp. Pour ceux qui veulent lire, découvrir ou parcourir une étude scientifique.

« Courtilières », La fiche technique du BSV (Bulletin de Santé du Végétal)

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Voyage dans l’espace

Cette année, les 6èmes EIST du collège ont reçu un curieux message. Ils ont réussi à le décoder. Il s’agit d’un S.O.S qui nous vient d’une autre planète. Les naufragés nous précisent qu’ils sont sur une planète rocheuse, sans atmosphère respirable et où il règne une température de -65°C. Brrrr, trop froid. N’écoutant que leur grand cœur, ils ont décidé d’aider les naufragés de l’espace.

Problème, sur quelle planète du système solaire se trouvent-ils ?

Pour le découvrir, nos 6èmes en « Engineering and Innovation for Space Travel » vont devoir répondre correctement au jeu :

« voyage dans l’espace »

A chaque bonne réponse, ils gagneront un indice pour établir la carte d’identité des planètes. Vont-ils réussir à sauver les naufragés de l’espace ?

 

Je respire, tu respires, ils respirent.

Tous les êtres vivants respirent ! C’est vrai ça ? Pour y voir plus clair, jouons un peu…

Il manque un derniers vers à ce poème, à toi de le trouver. Mais avant, tu devras répondre à quelques questions.

 

 

 

 

 

Pour découvrir le dernier vers, réponds aux questions du jeu :

« je respire, tu respires, ils respirent »

Puis clique sur « envoyer » pour découvrir les bonnes réponses.

 

Bienvenue au collège Victor Schoelcher !

C’est la rentrée et peut-être découvrez-vous le collège Victor Schoelcher. Le collège est un espace partagé entre à peu près 800 élèves, une cinquantaine de professeurs, des personnels techniques et administratifs, bref beaucoup de monde. Il y a aussi de nombreux animaux qui nous tiennent compagnie. Parfois très discrets, partons à la découverte de certains d’entre-eux.

Urubu à tête rouge

Situé entre une mangrove âgée et le lac Bois Chaudat, le collège abrite de nombreux oiseaux. On va commencer par les plus gros et les plus célèbres : les Urubus du plateau sportif. Chaque matin et jamais en retard, vous pourrez les voir sécher leurs ailes sur les buts et les panneaux de baskets. On en observe deux espèces : l’Urubu à tête rouge et l’Urubu noir. Mais ce ne sont pas les seuls oiseaux à fréquenter assidûment le collège.

Moqueur des savanes, Mimus gilvus

De nombreux petits passereaux animent le collège par leurs chants. Il y a bien sûr le Kikiwi, Tyran quiquivi pour les scientifiques. Car les scientifiques donnent des noms à toutes les espèces parfois connues localement sous d’autres appellations. Ces noms scientifiques sont bien utiles lorsqu’on fait des recherches sur internet par exemple. Comment ça marche ? C’est simple, en premier on écrit le nom de genre avec une majuscule et en second le nom de l’espèce tout en minuscule. Pourquoi ? Parce que dans le même genre, il peut y avoir plusieurs espèces. Par exemple, on peut voir au collège des Tyrans quiquivis, notre Kikiwi, mais aussi des Tyrans de Cayenne (« C » majuscule car c’est une ville) et des Tyrans mélancoliques. Et pour se comprendre à l’international, les scientifiques utilisent des noms en latin.

La galerie des Tyrans (pour agrandir les photos, clique sur la galerie)

Parmi les autres passereaux, vous pouvez voir dans le collège, des oiseaux noirs, il en existe au moins trois espèces pas toujours faciles à reconnaître, alors ouvrez l’œil :

On pourrait aussi citer les moineaux domestiques ou les Hirondelles chalybées.

Mais les oiseaux ne sont pas les seuls animaux à nous côtoyer. On trouve aussi dans le collège des mammifères. Ces derniers sont beaucoup plus discrets et souvent nocturnes. C’est le cas du Pian à oreilles noires ou des chauves-souris comme l’Artibée commune.

Il y a aussi des amphibiens et des lézards.

Des serpents ont été vus au collège (lire l’article : Un jeune Boa constricteur s’invite en S.V.T.). C’est rare et surtout pas de panique, il n’y a jamais eu de morsure et la plupart des serpents en Guyane sont inoffensifs. Mais dans le doute, si vous en voyez un, surtout ne leur jetez rien, écartez vous et prévenez un adulte. Notamment, M. Broux ou M.Breton, ils seront ravis de s’en occuper.

On pourrait aussi parler des insectes, des araignées et autres, bref tout un milieu à

Chenille de Pseudosphynx tetrio.

découvrir. D’ailleurs, si la nature, les animaux, les plantes vous intéressent, vous pouvez envoyer un article à dipijo@wanadoo.fr ou l’apporter à M. Breton, en SVT, qui sera content de le publier sur ce site. Mettez-y un dessin ou une photo que vous avez prise, c’est toujours plus agréable à lire. Au passage, si vous êtes élèves ou enseignants, vous pouvez vous servir de toutes les images qui sont sur ce site pour illustrer vos articles ou vos exposés.

Le Cassialata, une fleur précieuse pour les cours de SVT.

Afin que vous puissiez faire plein de découvertes cette année merci de ne pas tuer, blesser ou déranger les animaux. Nous avons besoin des plantes pour les cours de SVT et personne ne se sert de wipi dans ce collège. Le mot de la rentrée est le « Respect » alors ne l’oublions pas, ce qui vaut pour les humains, vaut aussi pour les animaux et les plantes qui partagent ce bel espace avec nous.

Bonne rentrée à tous !

Les Geckos : coureurs de mur.

Ils habitent nos maisons et sortent la nuit. Ils arpentent nos murs à la recherche d’insectes. Ce sont les Geckos dont le célèbre margouillat. Pas toujours appréciés des habitants pour les déjections qu’ils laissent sur les peintures, connaissons-nous si bien nos colocataires ?

Les Geckos appartiennent à la grande famille des Gekkonidae. On les retrouve à peu

Gecko nain d’Amazonie, Chatogekko amazonicus, seulement 2,4 cm de long, le plus petit lézard de Guyane et un des plus petits vertébrés au monde.

près partout dans le monde sauf dans les régions polaires et au nord des régions tempérées.  En Guyane, on trouve des représentants de deux sous-famille : les Gekkoninae, nocturnes, à laquelle appartiennent nos coureurs de murs et les Sphaerodactylinae, diurnes, à laquelle appartient l’un des plus petit vertébré du monde : le Gecko nain d’Amazonie.

Patte de Gehyra mutilata

 

Les Geckoninnae sont nocturnes, ils sont insectivores. Pour se déplacer sur les murs, ils possèdent sous les doigts des lamelles adhésives. Ce système est si efficace qu’il permet au Gecko de rester accroché au mur avec une seule patte. Les Geckos émettent des petits cris. Il existe, en Guyane, plusieurs espèces de Geckos. Ces espèces ne sont pas toujours faciles à identifier. En effet, les Geckos changent de couleur, par exemple entre le jour et la nuit, en fonction des support, mais aussi entre les individus d’une même espèce. il faut donc regarder les verrues et les épines sur le dos et la queue, la forme des doigts, des lamelles et la longueur des griffes.

Hemidactyle mabouia ou Margouillat

L’Hémidactyle mabouia ou Margouillat, Hemidactylus mabouia, est un Gecko introduit en Guyane. C’est une espèce qui a voyagé grâce à l’homme. Son corps présente un aspect granuleux avec des écailles en forme de tubercules. La pupille de son œil est verticale. Les doigts des mains et des pieds sont étalés en étoile sans membrane entre eux. Il pond deux petits œufs de la taille des œufs de Pâques en sucre. Il est même capable de se déplacer au plafond !

Gecko mutilé, Gehyra mutilata

Le Gecko mutilé, Gehyra mutilata, est lui aussi un Gecko introduit en Guyane. Il se reconnait à sa queue pincée à la base. De couleur clair en général, les jeunes peuvent présenter de nombreux petits points rouges. Il signale sa présence la nuit par son cri, des « guek guek guek » répétés.

 

 

 

Le Gecko demi-deuil, Lepidodactylus lugubris, a été récemment signalé par les scientifiques en Guyane. Il a été signalé dans les villes, notamment à Cayenne, Macouria, Rémire-

Gecko demi-deuil, Lepidodactylus lugubris.

Montjoly et Kourou. Il n’hésite pas à sortir en plein jour. Il dresse sa tête, bien distincte du corps. Le Gecko demi-deuil a la peau d’aspect lisse. On le reconnait à la présence de lignes sombres en forme de chevrons sur le corps et la queue. C’est une espèce parthénogénétique, c’est-à-dire que les femelles font des petits toutes seules. Il a été observé deux femelles simulant un accouplement.

Le Gecko à pattes de canard, Thecadactylus rapicauda, se rencontre uniquement en

Gecko à pattes de canard, Thecodactylus rapicauda

forêt où il vit sur les troncs des arbres, les bois morts ou les rochers. C’est un gros Gecko de couleur sombre qu’il le rend peu facile à trouver dans son milieu naturel. Mais, il arrive qu’il vienne visiter la charpente d’un carbet forestier. Son nom vient de ses doigts réunis par une palmure. Les femelles pondent un seul œuf. C’est une espèce guyano-amazonienne.

Un autre petit vertébré se déplace sur nos murs à la tombée de la nuit. Il s’agit d’une

Scinax des maisons, Scinax ruber.

petite rainette, la Scinax des maisons, Scinax ruber. Comme les Geckos, elle est nocturne et insectivore. Elle affectionne particulièrement les salles de bain.

Petit exercice pour ce soir : Combien avez-vous d’espèces de Geckos sur vos murs ?

 

La galerie des Geckos :

Références :

« Les lézards de Guyane« , 2004, J.C. de Massary, Editions Roger le Guen, 55 p.

« Les lézards de Guyane« , 1990, J.P. Gasc, Editions Chabaud, 76 p.

 

Un nouveau livre sur l’histoire naturelle et l’écologie du Surinam

Peut-être avez-vous la chance de profiter de vos vacances en visitant le Surinam. Notre voisin partage avec nous de nombreuses caractéristiques naturelles. « Natural History and Ecology of Surinam », dirigé par Bart de Dijn, est un ouvrage en anglais, paru en juin 2018, qui vous permettra de découvrir la nature de ce pays.

Ce livre aborde l’Histoire, la géologie, le climat, l’hydrologie et les écosystèmes du Surinam. Il présente aussi certaines espèces végétales et animales. Vous ne serez pas surpris de retrouver de nombreuses espèces présentes aussi en Guyane. Mais, le Surinam abrite d’autres espèces inconnues chez nous. C’est le cas du Lapin ! Sylvilagus brasiliensis, le Lapin du Brésil, le fameux Konkoni des contes bushinengés, notre compère lapin, héritage de la tradition orale africaine. Le Lapin du Brésil est présent du Mexique à l’Argentine. Mais dans le secteur, il n’a jamais été trouvé au Guyana ou en Guyane française. Cet animal discret a toutefois été observé dans la zone du fleuve Corantjin (Corantyne).  Certains oiseaux sont aussi absents chez nous. Ainsi, vous pourrez admirer le Pic rougeâtre, Veniliornis sanguineus, aux alentours de Paramaribo. Citons aussi le Picumne de Cayenne, Picumnus minutissimus, le mal nommé car il n’est pas dans la liste des oiseaux de Guyane et semble endémique du Surinam.

Un livre qui vous invite au voyage et à la découverte des richesses naturelles de notre voisin de l’ouest. Alors, Bonne lecture.

Référence :

« Natural History and Ecology of Surinam« , 2018, Bart de Dijn Editor, LM Publishers, 480 pp.

Des plumes sous la lune (chapitre II)

Comme on l’a vu dans le précédent article « Des plumes sous la lune (Chapitre I) », chouette, hibou, engoulevent, ibijau et guacharo, sont tous des oiseaux nocturnes. Dans ce second chapitre, on part à la découverte d’oiseaux nocturnes moins connus et d’oiseaux qui s’activent aussi bien le jour que la nuit.

Connaissez-vous le Savacou Huppé ? C’est un étrange oiseau nocturne rarement

Savacou huppé, Cochlearius cochlearius.

observé. Cet oiseau, de la famille des hérons et autres aigrettes, les ardéidés pour les scientifiques, s’en distingue par son gros bec et ses mœurs nocturnes. Présent dans les mangroves et les marais du littoral, il part pêcher à la tombée de la nuit. Ses grands yeux et son gros bec en font un exemple unique dans cette famille plutôt caractérisée par la finesse de leur tête. Il existe d’autres ardéidés qui s’activent aussi bien de jour que de nuit. C’est le cas du Bihoreau gris et de son cousin le Bihoreau violacé.

Plus étonnant encore, une espèce de canard, le Dendrocygne à ventre noir, est devenu un oiseau nocturne, certainement pour fuir les chasseurs.  Il ne faudrait pas oublier de

Bécasseau sanderling, Calidris alba.

nombreux limicoles qui continuent de se nourrir la nuit, en fonction de l’heure de la marée. En effet, l’accès à la nourriture ne se faisant qu’à marée basse, ces oiseaux restent actifs sous la lune. Au passage, déranger ses oiseaux lorsqu’ils sont posés sur leurs aires de repos est à éviter. Certains arrivent tout juste de très longues migrations (Voir l’article : « les limicoles sont arrivés« ), d’autres ont passé une nuit blanche à chercher des vers et autres petits crustacés.

On pourrait aussi parler des nombreux oiseaux migrateurs qui volent aussi bien de jour que de nuit. Certains ont développé un système original : ils dorment en volant. Les martinets volent de jour comme de nuit, ils ne se posent que pour nicher.

Vous l’aurez compris, les oiseaux qui ont une activité nocturne ne se limitent pas aux chouettes et aux hiboux. Une grande majorité des oiseaux sont diurnes, mais certains ont une vie nocturne. Allez, faites de beaux rêves sur votre édredon en plumes…

Galerie des oiseaux cités dans l’article :

Pour en savoir plus :

« Portraits d’oiseaux guyanais« , 2003, Gepog, Ibis rouge éditions, 479 pp.

« Oiseaux de Guyane« , 1992, O. Tostain, J-L. Dujardin, Ch.Erard & J-M. Thiollay, S.E.O., 222 p.

« Les limicoles de la façade atlantique des Amériques« , 2004, E. Hansen, W. Raitière, A. Lartiges, Sepanguy, 128 p.