Curieux bestiaire : Anableps, Gros-yeux ou Quatre-yeux

Anableps, Gros-yeux ou Quatre-yeux

Genre : Masculin
Nom scientifique : Anableps anableps

Le poisson gros yeux appartient à la famille des anablepidae.

C’est un petit poisson curieux, drôle, mysterieux, bizarre, mignon. Il est de couleur « boue ». Il peut mesurer jusqu’à 30 cm.

Phrase exemple: « Alors que je me baladais sur la plage, trois poissons gros yeux nageaient à la surface de l’eau ».

Anableps. Photo J.Breton

Etymologie : du grec ancien  »regarder en haut  ».

Devinette : Mais pourquoi donc m’appelle t-on « Quatre-yeux » ? (NDLR : Pour la réponse, lire l’article : Drôles de quatre-yeux !

Informations concernant l’animal :

Le poisson gros yeux est un vivipare. Il vit dans les eaux saumâtres. Il se trouve souvent dans les mangroves. Son espérance de vie est de 8 a 10 ans.

Alimentation : Il se nourrit de petits crabes,d’algues et d’insectes.

Un banc d’Anableps

Fiche présentée par Maiwenn, Paimpol (22), 13 ans.

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Curieux bestiaire

Il y a tellement d’espèces animales à découvrir en Guyane ! Cette semaine, Maïlys, élève de 5ème, nous propose sa fiche animal sur un charmant petit singe : le Saïmiri. Vous êtes un(e) élève en primaire ou au collège, vous souhaitez envoyer une fiche animal pour compléter ce curieux bestiaire, ouvrez le document « curieux bestiaire », écrivez votre fiche en complétant les différents champs demandés (s’il vous en manque un comme l’étymologie, ce n’est pas très grave) et envoyer votre fiche avec votre dessin ou une photo à dipijo@wanadoo.fr

On retrouvera votre fiche dans la photothèque, sous les photos de votre animal choisi. Attention, ne recopiez pas directement certains sites comme wikipédia, cela n’a pas d’intérêt. Merci aussi pour les photographies de ne pas les télécharger sur internet. Vous avez le droit d’utiliser vos propres photos, celles de dipijo ou mieux faites un dessin !

Le  Saïmiri

genre : masculin
Nom latin : Saimiri sciureus

Le saïmiri est un primate.
Le saïmiri est de pelage jaune aux pattes marron et grises. Il se trouve souvent dans les forêts tropicales.


Phrase exemple : Sous l’un des arbres fleuri, le saïmiri petit et malicieux se tenait sur sa branche en attendant son FESTIN !!!
Etymologie : Le mot « Saïmiri » vient d’une langue amérindienne le tupi, « sahi » veut dire singe et  »miri » veut dire petit.

Singe
Acrobate
Ingénieux
Malicieux
Introuvable
Rigolo
Interprète

Le régime alimentaire : Le saïmiri mange des insectes, des araignées ou des petits fruits murs. Les saïmiris se déplacent sur quatre pattes et se déplacent par bonds. Ils urinent sur leurs pieds et leurs mains à la fois pour mieux accrocher les branches et pour y déposer leur odeur. Les saïmiris se déplacent par groupe de 30 a 70 membres. Ils évoluent ensemble puis ils lancent différents appels ou cris pour avertir ou autres (pour se protéger).

Fiche présentée par Maïlys M., 13 ans, Kourou.

Les sargasses, ça agace !

La plage de Kourou, mars 2018.

Depuis au moins 2014, avec le retour de la grande saison des pluies, arrivent sur nos plages des algues, les Sargasses, principalement Sargassum fluitans et Sargassum natans, pour les intimes. Le phénomène est récent comme me le faisait remarquer un habitant du village amérindien de Kourou. Présent au village depuis 1974, il n’a pas le souvenir de cette invasion d’algues dans sa jeunesse. Il faut dire que, précisait-il, à l’époque le littoral de Kourou était bien différent de celui d’aujourd’hui puisque la mangrove s’étendait alors jusqu’à la plage Pim Poum, avant que la légion n’en coupe une partie. Ce phénomène est connu depuis 2011 aux Antilles et s’étend jusqu’au Mexique.

Mais qui sont ces envahisseurs ? Les Sargassum fluitans sont des algues qui flottent à la surface des eaux comme dans la Mer des Sargasses.  Elles sont pélagiques, c’est-à-dire qu’elles vivent en pleine mer. Elles sont formées par les thalles (« feuilles »), le stipe (« tige ») et des pneumatocytes (« flotteurs »). Leur couleur varie du jaune-marron au marron foncé quand elle sèche sur la plage. Les thalles dentelés sont facilement reconnaissables.

Ces algues peuvent se reproduire très vite. En effet, la sargasse utilise deux moyens de reproduction : la reproduction sexuée et la reproduction végétative. Un seul morceau d’algue suffit pour qu’elle repousse : C’est ce qu’on appelle la reproduction végétative. Les morceaux hachés par les hélices des bateaux redonnent de nouvelles algues.

La plage de l’Anse, à Kourou, mars 2018

Aujourd’hui, cette invasion d’algues s’étend jusqu’aux Antilles. Elle est un véritable problème pour les pêcheurs et pour les activités nautiques en général. Les scientifiques pensent que la déforestation de l’Amazonie et l’élargissement de la Zone Intertropical de Convergence (ZIC) pourraient être à l’origine de ce phénomène. Ils ont observé la formation d’une petite « mer des Sargasses » à l’embouchure de l’Amazone. En effet, suite à la déforestation et au lessivage des sols, l’apport des nutriments dans les fleuves de l’Amazone augmente. Des engrais, une zone pour les concentrer, tout ce qu’il faut pour le développement de nos sargasses.

Pour en savoir plus :

Une fiche sur les sargasses publiée par l’Ifremer Guyane que vous retrouverez à l’adresse : https://wwz.ifremer.fr/guyane/Fiches-especes

« Les algues sargasses, nouveau fléau des antilles », un article du journal « Le monde » de 2016.

« Invasion des algues dans la Caraïbe: Origine, impacts et opportunités », 2015, un article très complet publié par « le nouvelliste ».

La plage de Kourou, avril 2015.

Pourquoi notre maïpouri s’appelle tapir ?

En cette semaine de la langue française et de la francophonie, arrêtons-nous sur cette question : « pourquoi notre maïpouri s’appelle tapir ? »

Tapir, maïpouri ou bofo ? Photo prise au zoo de Guyane

Suite à une petite enquête auprès de 57 élèves de 6ème et de 5ème qui devaient répondre à la question :  » Imaginez que vous parliez avec quelqu’un de votre famille, comment appelleriez-vous l’animal sur la photo ? », 24 ont répondu un « maïpouri », 19 un « bofo » et 14 un « tapir ». « Bofo » est le nom du maïpouri dans les langues bushinengés. La deuxième question était « Pour vous, lequel des trois mots est le plus utilisé en Guyane ? ». Là, ce fut une grande unanimité pour dire : « Maïpouri ! »

Et oui, le tapir du dictionnaire devient vite le maïpouri dans la seule région française où il vit à l’état sauvage. Un petit test amusant consiste à taper l’un ou l’autre des deux mots dans votre moteur de recherche préféré et de regarder où sont produits les sites proposés. Pourquoi dans le dictionnaire, utilise t-on le mot « tapir » et dans le français courant de Guyane le mot « maïpouri ».   Pour répondre, faisons un petit tour dans l’histoire de ces deux mots.

Les français ne connaissent pas les tapirs avant le XVIème siècle. Lors de leurs voyages, ils vont découvrir de nombreux animaux. C’est le cas de André Thevet, en 1558, qui écrit : »Il se trouve d’avantage en l’Amérique grande quantité de ces bêtes qu’ils (les amérindiens) nomment tapihire« . Des colons français s’établissent au Brésil, dans la baie de Rio de 1555 à 1567. Dans cette région, vivent des amérindiens de langue tupi. Jean de Léry, en 1578, en parlant des bêtes sauvages bonnes à manger, écrit  » La première et la plus commune est une qu’ils (les tupis) appellent Tapiroussou« . Et voilà, le mot « tapir » en français a été emprunté à une langue amérindienne, le Tupi. Les scientifiques en ont fait son nom latin : Tapirus terrestris.

Tapirs, photo prise au zoo de Guyane.

Mais alors pourquoi le tapir s’appelle maïpouri en Guyane ? C’est aussi une vieille histoire. Charles-Marie de la Condamine, en 1745, écrit en parlant du tapir : « on le nomme uagra dans la langue du Pérou, tapiira dans celle du Brésil, maypouri dans les langues galibi sur les côtes de la Guyane. »  Maïpouri ! Notre mot vient donc aussi de langues amérindiennes, notamment du kalina et du wayana. Il est aujourd’hui compris par tout le monde en Guyane.

Donc Tapir ou Maïpouri, ces deux mots ont été empruntés à des langues amérindiennes. C’est le cas pour beaucoup d’autres noms d’animaux de Guyane comme le tatou, le jaguar, l’agouti, le pac, le toucan, l’ara, etc… Ah, au fait, il y a eu une autre proposition au 18ème siècle, « le chyppatatame ». C’est bizarre, tout le monde l’a oublié…

Le chyppatatame

Références :

« Les Singularitez de la France antarctique, autrement nommee Amerique », 1558, A. Thevet. en ligne sur le site de la BNF « gallica.bnf.fr« 

« Histoire d’un voyage faict en la terre du Brésil », 1578, J. de Léry, Le livre de poche, p.257

« Voyage sur l’Amazone », 1745, C.M. de la Condamine, Ed. La découverte, p.111

L’illustration du chyppapatame vient de la « Description géographique de la Guyane contenant les possessions et les établissements des François, des Espagnols, des Portugais, des Hollandois dans ces vastes pays », 1763, Bellin J.N., p.59, sur le site http://www.manioc.org/

http://www.cnrtl.fr/etymologie/tapir : pour l’étymologie du mot « tapir »

 

Des graines musicales

Kawaïs

Les Kawaïs sont des instruments de musique bien connus en Guyane. Fixés aux chevilles des danseurs, les kawaïs rythment les danses amérindiennes ou bushinengés. Véritable patrimoine de la culture musicale locale, on doit ces jolis instruments à la graine du laurier jaune, Thevetia nereifolia (peruviana), un arbuste originaire de Guyane. Ces élégantes fleurs jaunes ont une forme de trompette. Elles se transforment en un fruit vert à quatre côtés qui contient les graines. Ce sont ces graines, une fois séchées qui rentreront dans la fabrication des kawaïs. La Laurier jaune se caractérise aussi par une abondante quantité de latex blanc qui s’écoule des tiges coupées d’où son nom d’arbre à lait ou bwa let en Guadeloupe. Attention, le Laurier jaune est une plante toxique*.

Galerie photos : de la fleur à la graine.

*Pour en savoir plus sur la toxicité de la plante :

« Plantes toxiques des Antilles », 1989, D.Ansel, J.J. Darnault, J.L. Longuefosse, Editions Exbrayat, 93 pp.

« Pharmacopée caribéenne », 1999, Coll., TRAMIL, Ed. E. Désormeaux, 493 pp. les travaux du réseau Tramil sont consultables en ligne à l’adresse : http://www.tramil.net/

 

 

Les oiseaux utilisent-ils leur odorat ?

« Tu ne sens pas une drôle d’odeur ? » « C’est rien, c’est le vestiaire, à côté. »

« Odorat : celui du corbeau et du vautour est fort inférieur à celui du chien et du renard. Cependant les oiseaux carnassiers paraissent en général avoir plus d’odorat que les autres oiseaux. » écrivait Buffon en 1785. Et oui, on peut se poser la question : « les oiseaux utilisent-ils l’odorat ? « 

Depuis le 19ème siècle avec les travaux d’un célèbre ornithologue, Audubon, on a cru que l’odorat des oiseaux n’était pas important. Dans un article, Audubon montre que l’odorat des Urubus à tête rouge, Cathartes aura, a largement été surestimé. En fait, pour ce  brillant ornithologue, c’est la vue qui permet aux urubus de trouver leur nourriture  et non les odeurs. Cette idée a

Urubu à tête rouge, Cathartes aura

été largement reprise au 19ème siècle et dans la première moitié du 20ème siècle. Elle a contribué au fait qu’on a pensé que les oiseaux n’utilisaient pas leur odorat, voir n’avaient pas d’odorat du tout. Depuis une cinquantaine d’années, les scientifiques ont démontré l’inverse. Par exemple, en 1964, Stager publie son travail sur l’odorat de l’Urubu à tête rouge. Par des expériences sur leur comportement, mais aussi par l’observation de leur anatomie, il démontre que le flair de cet oiseau est parfaitement bien développé. L’Urubu à tête rouge, l’Urubu à tête jaune et le grand Urubu se servent des odeurs des animaux en décomposition pour les trouver dans la végétation, en survolant la forêt à basse altitude. De nos jours, les études sur l’odorat des oiseaux se sont étendues à la génétique. On note la présence de gènes impliqués dans la perception des odeurs chez plusieurs espèces.

Plus étonnant, on a découvert que des Mésanges bleues, en Corse, garnissent leur nid d’herbes odorantes comme la menthe, peut-être pour éloigner des parasites. Le Kiwi, oiseau de Nouvelle Zélande, trouve ses proies dans la terre grâce à son flair. Les oiseaux marins comme l’Albatros, les Pétrels ou les Puffins ne sont pas en restent. Ils repèrent en plein mer, les bancs de krills, de poissons ou de calmars dont ils se nourrissent grâce à l’odeur dégagée par le plancton en décomposition.

Urubu à tête jaune

Chez nous, la palme des meilleurs renifleurs est décernée aux Urubus à tête rouge, à tête jaune et aux grands Urubus. Leurs deux cousins, l’Urubu noir et le Sarcoramphe roi auraient un odorat moins développé. L’Urubu noir repère sa nourriture en utilisant plutôt sa vue. Quant au Sarcoramphe roi, malin, il repère d’abord l’Urubu renifleur et le suit jusqu’à son repas…

 

Pour en savoir plus :

Articles en ligne :

« Smell May Play Role in Bird Courtship, Study Finds », 2003, John Pickrell, National Geographic News.

« L’odorat des oiseaux », 2002, Francesco Bonadonna et Marcel Lambrechts, Pour la science.

Livre :

« Portraits d’oiseaux guyanais« , 2003, Gepog, Ibis rouge éditions, 479 pp.

Pour aller encore plus loin :

« The role in food location by the turkey vulture (Cathartes aura) », 1964, K.E. Stager, Contribution in science, Los Angeles County Museum, 63 pp

« Histoire naturelle générale et particulière », 1785, De Buffon, oiseaux, Tome VI, Aux deux ponts chez Sanson et compagnie, p.52

« Account of the habits of the turkey buzzard (Vultur aura), particulary with the view of exploding the opinion generally entertained of its extraordinary power of smelling » 1826, John J. Audubon, Edinb.Philosoph. Journal, vol. 8, pp 172-184

 

Sortie d’un nouveau livre sur la mangrove

La mangrove en Guyane constitue la grande majorité de notre littoral. Elle évoque pour certains la pêche aux crabes, les fous pas les mous… Pour d’autres, elle est synonyme de moustiques et de papillonites ou s’étonnent de son incroyable dynamisme. Cette forêt de palétuviers est aujourd’hui mise à l’honneur dans un livre très intéressant : « Mangrove, une forêt dans la mer ». Un ouvrage qui fait appel à de nombreux collaborateurs scientifiques sous la direction de François Fromard, Emma Michaud et Martine Hossaert-McKey. Le livre, publié en début d’année, propose un tour du monde des mangroves et des recherches effectuées sur le sujet. La Guyane y est largement évoquée, notamment dans ces particularités. Un livre à lire d’urgence pour mettre à jour ses connaissances ou découvrir cet étonnant écosystème.

« Mangrove, une forêt dans la mer », F. Fromard, E. Michaud et M. Hossaert-McKey, 2018, Ed. cherche midi, 168 p.