Comment expliquer la couleur de l’océan ?

Cette année, les élèves de 5ème « classe de mer » du collège Victor Schoelcher ont travaillé sur la couleur de l’océan. Une jolie aventure qu’ils avaient raconté dans l’article : « la couleur de l’océan ». Ils ont ensuite travaillé en classe, par groupe, pour faire une présentation que vous pouvez télécharger via ce lien : « Présentation de l’exposé : La couleur de l’océan » ou en cliquant sur l’image ci-dessous :

M. Schimmel, professeur de physique-chimie au collège nous apporte son point de vue de physicien à travers un numéro spécial de ces vidéos : « Les petites questions sur le monde de Monia ». Une explication passionnante que vous pouvez découvrir en cliquant sur « Comment expliquer la couleur de l’océan ? ». Ou en cliquant sur l’image :

Un grand merci à M. Schimmel pour cette approche physique du phénomène. Merci aussi à Monia pour sa participation.

La classe de mer a été soutenue depuis le début par l’Office de l’Eau de Guyane. L’association OSL ont assuré l’accompagnement  scientifique aussi bien en mer qu’en intervenant en classe. Enfin, Le Cnes par son action argonautica a apporté un soutien scientifique précieux à ce travail. Un grand merci à eux.

T’as de gros-yeux, tu sais ?

Quatre-yeux, Gros-yeux, Anableps, trois noms pour un même poisson.

Les poissons sont les plus anciens des vertébrés connus et en 400 millions d’années d’évolution, de nombreux modes de reproductions très diverses sont apparus. Parmi les poissons qui ont développé des particularités dans la reproduction,  il y a le célèbre quatre-yeux de nos côtes. Décidément, ce poisson déjà atypique par la forme extraordinaire de ces yeux se fait encore remarquer (Lire l’article : « Drôles de quatre-yeux ! »)

Mais après l’avoir regardé de haut, on va le retourner. Oh surprise ! Tous mes gros yeux ne présentent pas le même ventre ! Mais, mais, mais, on dirait… Et bien oui, chez les Anableps, les mâles et les femelles se reconnaissent facilement.

Organes reproducteurs des Anableps. Dessin H. Breton d’après J. Lombardi.

Contrairement à beaucoup de poissons, pour se reproduire, les gros yeux vont copuler. Le mâle dispose d’un organe copulateur qui est en fait une transformation de la nageoire anale en sorte de tube, alors que la femelle garde sa nageoire anale pour nager et a un orifice caché par une grosse écaille, le Foricula.

Jeunes Gros-yeux de quelques centimètres.

Là où cela devient amusant, c’est que cette écaille suivant sa disposition ne peut s’ouvrir, comme une porte, que à gauche ou à droite ! Même chose chez le mâle dont l’organe copulateur est dirigé vers la gauche ou la droite. Donc, pour se reproduire, monsieur le gaucher doit trouver madame la droitière et vice-versa… Des aquariophiles ont toutefois observé des reproductions entre droitiers ou entre gauchers.

Une anableps femelle, le dos bombé.

Deuxième particularité des gros-yeux, ils donnent naissance au plus gros bébé connu dans le monde des poissons vivipares ! Vivipare, c’est quoi ça ? Et bien, la femelle ne pond pas des œufs comme de nombreux poissons, elle donne naissance à des petits déjà formés. La femelle va porter plus de 40 petits pendant environ 12 semaines. Elles ont alors le dos tellement bombé qu’il dépasse de l’eau. Les petits, eux, vont multiplier leur poids par 3000 pendant la gestation. Si bien qu’à la naissance, ils mesurent déjà de 4 à 5 cm !

Vous ne regarderez plus jamais madame quatre-yeux pareil…

Références :

« Comparative vertebrate reproduction », 1998, J. Lombardi, Springer Science + business media, p. 97-98

« Atlas des poissons d’eau douce de Guyane, Tome 2, fascicule I« , 2000, P. Keith, P.Y. Le Bail & P. Planquette,  Patrimoines Naturels (MNHN-SPN), 43(I), p. 50 à 55

« Poissons de mer de Guyane« , 2004, M. Léopold, Ifremer, p.78-79

« Natural History and Ecology of Surinam« , 2018, Bart de Dijn Editor, LM Publishers, p. 251

www.seriouslyfish.com : sur la fiche Anableps anableps, la possibilité de la reproduction entre gauchers ou entre droitiers est citée.

Un chouette nouveau livre ! Et des quizz sur les oiseaux !

En cette période de confinement, il n’est pas impossible de continuer à en savoir plus sur les animaux de Guyane. Cette semaine, Dipijo vous conseille un chouette nouveau livre qui vient de sortir. Il s’agit de « Les petites bêtes des jardins de Guyane », édité par l’ONF, ainsi qu’un lien vers des quizz et d’autres jeux sur les oiseaux. Dipijo a souvent parlé des petites bêtes dans les maisons ou les jardins. L’ONF vient de publier un livre très agréable à lire sur le sujet. C’est un ouvrage très complet avec plus de 250 espèces citées ! Une partie du livre est consacrée aux arthropodes, insectes, arachnides et myriapodes avec les espèces les plus courantes qu’on croise si souvent et qu’on connait si peu. Les gastéropodes ne sont pas non oubliés. Bien sûr, vous retrouverez aussi les amphibiens, reptiles, oiseaux et mammifères qui nous côtoient. Un ouvrage idéal pour parler de la biodiversité de notre environnement proche. Les textes sont très accessibles et les illustrations sont vraiment bien choisis. Vous l’aurez compris, un livre « coup de cœur », qui tombe à pic quand on doit rester à la maison. A mettre dans toutes les mains !

Côté quizz, dans le cadre du projet « Trames », le Gepog vous offre toute une série de questionnaires sur les oiseaux des jardins pour les adultes et les adolescents. Avantage, il y en a pour les débutants jusqu’au niveau expert. Quoi de mieux pour vous tester ? Pour vous rendre sur ces jeux, c’est ici : « L’instant quizz ».  N’oubliez pas de tourner les pages (en bas de page), vous allez découvrir des jeux pour les enfants, les adolescents et les adultes à télécharger, comme le « Mémo-oiseaux », « Les cocottes oiseaux », le « Sais-tu mon nom ? », le « Trouve mon double » ou le « C’est quoi son p’tit nom ? ». Une chouette balade virtuelle ! Bravo à leurs créateurs et merci pour ce partage de connaissances.

 

Un rongeur ? Oui, mais un gros !

Quand on pense rongeur, on voit tout de suite la petite souris, voir le rat, qui courent à travers la maison. En Guyane, souris et rats peuplent aussi les villes, mais de gros rongeurs étaient présents depuis bien plus longtemps en Amérique du sud : il s’agit des caviomorphes.

Frise chronologique des rongeurs en Amérique du sud

 

Le mot vient de « morphe », en forme de, et de « Cavia », cochon d’inde ou cobaye. Qui sont ces gros rongeurs en forme de cochon d’inde ? Ce sont les agoutis, les pacs, les cabiaïs et le petit dernier moins connu, les acouchis. les coendous ou porc-épics font aussi partie de ce groupe. Si les plus anciens fossiles connus de rongeurs en Amérique du sud ont 41 millions d’années (Ma), les groupes à l’origine des cabiaïs et des coendous ont tout de même 35 Ma ! Pour comparer, les derniers rongeurs arrivés en Amérique du sud sont nos souris grises ou rats noirs débarqués des bateaux des conquistadors, il y a 500 ans.

Tous ont quatre doigts à la patte avant, trois seulement à la patte arrière  pour l’agouti, le cabiaï et l’acouchi. Le pac a 5 doigts à la patte arrière mais les 2 doigts externes sont petits et ne laissent souvent pas de marque dans les empreintes. Quant au porc-épic, il a 4 doigts à la patte avant, 4 à la patte arrière et un gros orteil réduit. Pour reconnaître les empreintes, il est bon aussi de regarder la taille et l’endroit où on les observe.

Les empreintes de cabiaï par exemple sont les plus grosses. On les trouvera près des pripris, des canaux ou au bord des fleuves. Ce gros herbivore, bien que terrestre, passe son temps à brouter des plantes aquatiques. C’est d’ailleurs un excellent nageur qui n’hésite pas à plonger pour fuir une menace. Avec un poids de 30 à 58 kg, il fait figure de géant parmi les rongeurs.

Cabiaï et son empreinte.

 

Le pac vit en forêt. Il affectionne aussi le bord des cours d’eau, criques et rivières. Ses empreintes sont plus petites que celles du cabiaï. les 4 doigts de la patte avant sont bien marqués. C’est un animal nocturne. Le jour, il se cache dans un terrier. Son pelage avec des lignes et des points blancs permet de le reconnaitre facilement.

Le pac et ses empreintes.

L’agouti est fréquent en Guyane. Animal diurne, il n’est pas rare de le voir traverser une piste ou s’enfuir en grognant, montrant  son postérieur roux, hérissé de longs poils. Il est très facile à observer aux îles du Salut et s’approche parfois très près des habitations. Les empreintes de sa patte arrière permettent de les distinguer de celles du pac. L’acouchi a des empreintes très ressemblantes mais plus petites.

L’agouti et ses empreintes

 

Le coendou est un porc-épic arboricole. Il en existe deux espèces en Guyane. Les coendous sont solitaires et nocturnes. C’est un animal discret. Vivant la plupart du temps dans les arbres, le coendou descend parfois à terre pour passer d’un arbre à l’autre. Lorsqu’il se déplace au sol, il laisse derrière lui de curieuses empreintes qu’on ne peut pas confondre avec les autres gros rongeurs.

Le coendou et son empreinte

Et les lapins ? Personne pour l’instant n’en a trouvé en Guyane et en plus, ce ne sont pas des rongeurs mais des lagomorphes. Des lagos, quoi ? Des lagomorphes, ils ont 4 incisives en haut au lieu de 2 comme les rongeurs.

Si vous dites à quelqu’un que vous vivez dans un pays où les rongeurs peuvent peser jusqu’à 58 kg, il y a de fortes chances pour qu’on vous regarde avec suspicion, et pourtant…

Références :

« Marsupiaux et rongeurs de Guyane« , 2014, F. Catzeflis, S. Barrioz, J-F. Szpigel & B. de Thoisy, Institut Pasteur de la Guyane, 128 p.

« Neotropical Rainforest Mammals« , 1997, L. Emmons, F. Feer, The University of Chicago Press, 307 pp.

 

Que d’œufs ! Que d’œufs !

Cette semaine, dipijo vous offre un nouveau questionnaire en ligne. Thème de la semaine : Les œufs ! Pas ceux en chocolat qui fondent dans notre jardin mais les nombreux œufs des animaux en Guyane. Car quand on pense « œuf », on pense « oiseaux » et pourtant…

Les œufs, tout le monde connait. Mais, les connait-on si bien que cela ? Pour le savoir, jouez à « Que d’œufs ! Que d’œufs ! « 

Emergence de Tortues marines. Nanning, Chine.

N’oubliez pas à la fin du jeu de cliquer sur « envoyer » pour calculer votre score. Si ce questionnaire vous a plu, vous en découvrirez d’autres dans la rubrique « jeux ».

Et maintenant, à vous de jouer !

« Tékitoi », un jeu à fabriquer soi-même

Vous progressez dans l’exploration du salon, douze espèces d’oiseaux sont passées devant vos fenêtres, les mœurs des araignées n’ont plus de secret pour vous, chaque gecko a maintenant son petit nom, il est temps de passer aux travaux pratiques.

Cette semaine, dipijo vous propose de fabriquer vous-même votre jeu sur les animaux de Guyane. Le « tékitoi » est un jeu proposé depuis 2016. D’utilisation très simple, il est destiné aux plus jeunes.  Il s’agit d’associer des images d’animaux sur un plateau représentant six milieux différents : le jardin, la plage, la mangrove, les savanes et les prairies, le marais et la forêt. On peut y jouer tout seul et jusqu’à 6 personnes.

Comment faire ?

Télécharger les deux fichiers ci-dessous (fichiers PDF de 3 Mo et 44 Mo) :

jeu-tekitoi regles-du-jeu

jeu-tekitoi

Imprimer les règles du jeu (pour le conserver, sur une feuille cartonnée, c’est mieux).

Pour imprimer le fichier « tékitoi » :

Imprimer 1 seule fois la page 1 (couverture de la boîte) et les pages 8 à 10 (pour fabriquer les casiers de rangement dans la boîte) sur du papier cartonné. Si vous n’avez pas de papier cartonné, une feuille blanche suffira.

Imprimer 2 fois les pages 2 à 7 en version grand luxe : Sur du papier photo, puis les plastifier, en temps de confinement, des feuilles blanches suffiront.

Garder un « set » pour faire les plateaux. L’autre « set » est pour la fabrication des cartes à jouer.

Découper chaque carte à jouer, si vous les plastifiez, pensez à arrondir les angles pour éviter les coins pointus.

Il ne vous reste plus qu’à monter les casiers de rangements.

A vous de jouer !

La biodiversité dans la maison

Nous allons devoir rester à la maison. Finies les longues balades en forêt, les escapades en savane et les couchers de soleil sur le rivage. Plus aucune observation possible ? Peut-être pas. Et si nous prenions le temps d’observer la biodiversité à la maison.

En Guyane, il existe de nombreuses espèces d’oiseaux qui visitent nos jardins, nos toits. C’est le moment de relire l’article : « Oiseaux des villes et des jardins« .

Mais, les oiseaux ne sont pas les seuls à nous fréquenter de près. Le soir, les geckos courent sur nos murs. Enfin, « Courir » est un bien grand mot. Ils s’approchent doucement de leur proie pour dans un dernier sursaut attraper les moustiques ou les papillons attirés par la lumière. Au passage, si on les observe bien, on se rend compte qu’ils ne sont pas tous pareils. Il existe en fait trois espèces différentes pas toujours faciles à identifier au premier coup d’œil mais c’est le moment de prendre son temps et de les regarder de près. Pour les reconnaître, relis l’article  : « Les geckos : coureurs de mur ». Mieux, télécharge la toute nouvelle revue herpétologique « HERP me ! », en cliquant sur ce lien. Tu vas y découvrir tous les Geckos de Guyane et notamment les trois espèces de nos maisons.

On en parlait déjà dans l’article sur les geckos, un autre petit vertébré fréquente parfois les murs. Mais, cette fois-ci, c’est un amphibien : La Scinax des maisons, Scinax ruber, une adorable petite « rainette » qui, elle aussi, s’observe une fois la nuit tombée. Sans parler du Crapaud bœuf qui parfois s’invite dans la maison, le soir.

En cherchant bien, on va aussi dénicher quelques arthropodes : insectes et araignées. L’un d’entre-eux nous interroge souvent. C’est une sorte de petit losange qui n’était pas à cet endroit-là la veille. Qu’est-ce que ce truc qui ne bouge pas et qui apparait comme par magie sur nos murs ? En regardant bien, on voit une petite tête noire qui sort de ce fourreau de petits grains. Il s’agit en fait de la larve d’une sorte de mite, Phereoeca sp. .Si on l’observe quelques temps, on se rend compte qu’en fait, elle se déplace.

Côté araignée, si certaines construisent des toiles, d’autres préfèrent chasser en sautant sur leur proie, d’où le nom de leur famille : Les Salticidae. Elles ont deux gros yeux sur le devant de leur tête qui leurs permettent de voir en trois dimensions, une condition indispensable quand on chasse en sautant sur ses proies.

Alors tous à la découverte des bestioles de la maison !

Pour aller plus loin et à participer à un vrai projet de sciences participatives, découvrez l’opération « Confinés mais aux aguets » , sur le site de faune-guyane. Proposée à tous, aux experts comme aux débutants, par Faune-Guyane, le GEPOG et la Société Herpétologique de France, c’est l’occasion de devenir un véritable explorateur chez-soi ! Saluons cette initiative aussi sympathique que généreuse !