Complètement perchés !

La La Guyane offre un intérêt majeur pour un certain nombre d’espèces, on peut y vivre complétement perchés ! Recouverte de forêt, certains animaux descendent rarement au sol, et encore, c’est souvent par obligation. Ils passent l’essentiel de leur vie à plusieurs mètres au-dessus du sol. Leur vie est entièrement liée à celle des arbres qui les hébergent. On dit qu’ils sont arboricoles, non pas qu’ils collent aux arbres, mais qu’ils habitent ceux-ci, « colo » en latin veut dire « habiter ».

Découvrons quelques habitants des arbres. Pour cette première partie, faisons un tour chez les mammifères. Évidemment, on pense tout de suite aux singes. Parmi les singes de Guyane, on voit certaines petites espèces comme les Tamarins à mains jaunes ou les Saïmiris traverser la route, à l’aise pour se déplacer sur le sol. Mais, les deux grandes espèces, le Baboune et le Kwata, vivent la plus grande partie de leur vie dans les hauteurs des arbres. C’est le cas du célèbre Singe hurleur roux, le Baboune, qui fait résonner son cri puissant dans la forêt.  Il se sert de ses quatre membres mais aussi de sa queue préhensile pour se déplacer de branche en branche. Le Saki à face pâle, plus discret, saute d’un arbre à l’autre en se servant de sa queue comme balancier. Il peut se déplacer ainsi très rapidement.

Un autre mammifère complètement lié aux arbres est le paresseux. Il se déplace lentement solidement accroché aux branches grâce à ses grandes griffes. A terre, il est très maladroit. Par contre, il nage très bien.

En Guyane, il existe deux espèces d’écureuils : Le grand et le petit Guerlingué. Si on croise parfois le grand Guerlingué au sol ramassant quelques graines, le petit Guerlingué, vit tout le temps dans les arbres. Il est extrêmement agile et fait des demi-tours spectaculaires même sur les gros troncs verticaux.

Le Grand Opossum laineux arboricoles, le Coendou à queue préhensile, la Tayra, le Coati, la Souris arboricole, les félins comme le Chat margay sont tous des mammifères qui se déplacent facilement dans les arbres. Pour tous, la couverture forestière est importante.

Les arbres servent de refuge, de terrain de chasse ou de cueillette pour toutes ces espèces. Alors, en vous promenant dans la forêt, n’oubliez pas de regarder en haut. Et surtout ouvrez grands les oreilles, vous repérerez ces animaux aux bruits qu’ils font en se déplaçant de branche en branche.

 

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Pour bien démarrer les vacances.

Vous voulez décompresser après le bac ? Le DNB ? Vous versez encore une petite larme après le départ de vos chers élèves ? No stress, Maître Bradipus vous donne deux ou trois conseils pour réussir un bon départ en vacances.

Leçon 1 : Inutile de vous renfermer sur vous même, partez à la recherche de nouveaux horizons.

Leçon 2 : Oubliez votre air « intelligent, bon élève » et souriez, les vacances promettent d’être belles.

Leçon 3 : Sortez les couleurs et oubliez le coiffeur !

Leçon 4 : Commencez les vacances par de l’exercice « soft » !

Leçon 5 : Pour les sports extrêmes, restez prudents.

Leçon 6 : Dans tous les cas, n’oubliez pas de récupérer !

Si vous avez suivi tous ces conseils, normalement vous devriez en être là :

Je ne m’enfuis pas je vole, Comprenez bien je vole !

Y a t-il des coccinelles en Guyane ?

Le jeudi 14 mars, tous les élèves des sixièmes du collège Schoelcher ainsi que les Ulis avaient été voir le film d’animation « Minucules 2 ». Suite au film, Dipijo avait lancé un défi aux élèves de ces classes. En effet, il manquait une photo de coccinelle dans l’article. Le premier qui réussissait à photographier une coccinelle en Guyane avait gagné. Sa photo et son nom de meilleur observateur seraient publiés sur le site.

Il n’a pas fallu attendre longtemps pour que nos chercheurs en herbe trouvent la bête rare. Dès le 25 mars, Ronaldo Pinas, de la 6ème Bach, envoyait sa photo de coccinelle. Le lendemain, Natacha Sanna, de la même classe, ramenait  une coccinelle à Mme Joseph, leur professeur de français qui a eu la gentillesse de la photographier.

Ces deux élèves ont été récompensés lors de la cérémonie de remise des diplômes de la fin de l’année. Bravo à tous les deux ! Et bonnes observations naturalistes pendant les vacances !

Pour en savoir plus sur les coccinelles, ne ratez pas le numéro 108 de « La hulotte », le journal le plus lu dans les terriers, vous y lirez un remarquable article sur la Coccinelle à 7 points.

Pour les parents et les élèves  de cinquième qui se sont inscrits à l’option « classe de mer, 2019/2020 », vous pouvez lire les articles :

-« L’océan : L’autre poumon vert de la Guyane »

« Des microorganismes dans l’océan »

-« Hisse et ho ! »

Que mangent les crabes ?

Les crabes avec leurs terribles pinces sont-ils des prédateurs ? Que mangent -ils ? Et bien, la réponse n’est pas si simple, car tout dépend de l’espèce. En fait, toutes les espèces de crabes ne fréquentent pas les mêmes milieux de vie. Certaines espèces sont sur les vasières, d’autres vivent dans la mangrove ou sur le sable de nos plages. Regardons de plus près le régime alimentaire des crabes de bord de mer.

Certes, il existe des crabes carnivores. C’est le cas du très joli Goniopsis cruentata qui peut attaquer d’autres crabes ou d’autres petits arthropodes bien qu’il se nourrisse aussi d’algues. Sur les plages, le crabe fantôme, Ocypode quadrata, est plutôt carnivore. Il se nourrit des débris apportés pas la marée. Mais il est aussi connu pour s’attaquer aux jeunes tortues lors de leur trajet vers la mer.

Mais, tous les crabes ne sont pas carnivores. L’un des plus connus en Guyane, surtout dans nos assiettes, Ucides cordatus, accumule des feuilles de palétuviers dans son terrier qu’il consommera quand celles-ci seront en décomposition. Un petit crabe, surnommé le « crabe singe », Aratus pisonii, ne se déplace lui que sur les racines et les troncs des palétuviers. Il se nourrit des algues et des petits organismes qui vivent fixés sur ces racines mais aussi de jeunes feuilles de palétuvier.

Quant aux crabes violonistes, les Ucas, leurs petites pinces leur permettent de récolter des micro-algues déposées à la surface de la vase à marée basse.  En effet, le bout de ces petites pinces est aplatie et bordé de petits poils, ce qui leur permet de récolter le phytoplancton à la surface de la vase. La grosse pince des mâles sert à attirer les femelles et à délimiter le territoire.

Les espèces de crabes dépendent de leur milieu de vie. La mangrove joue un rôle vital pour plusieurs espèces. Grâce à elle, nous pouvons continuer à admirer la danse des crabes violonistes. Mais « qui mangent les crabes ? » Me direz-vous. Observez bien une vasière à marée basse et vous aurez une partie de la réponse. Pour la réponse complète, il va falloir se munir d’un masque, d’un tuba et de palmes…

Pour en savoir plus :

Livres

« Guyane océane », 2012, D. Guiral & R. Le Guen, Editions Roger Le Guen, 472 p. Un livre superbe pour tout les amoureux des bords de mer.

« Fresque des paysages naturels guyanais : De la mer à la mangrove, livret 1 », E. Brochard, R.Girault et C. Pourcher, Ed. Sepanguy, 2008, Collection Nature Guyanaise, 92 pp. Vous y retrouverez plein de renseignements sur les animaux et les plantes en fonction de leurs milieux de vie.

Lien internet

http://www.planetainvertebrados.com.br/ : Si vous aimez bien les crustacés, vous pouvez aller faire un tour sur ce site brésilien qui vous fera découvrir des crustacés dont certains fréquentent aussi nos eaux.

Questions tortues

En Guyane, les tortues sont célèbres. A commencer par la Tortue luth, Dermochelys coriacea, la plus grosse tortue du monde, qui vient pondre sur nos plages. On en retrouve des représentations dans l’artisanat local : poterie, sculpture, etc… On trouve des tortues dans pratiquement tous les milieux naturels : en mer, sur la plage, en forêt, en savane, dans les marais, les criques et les fleuves. il existe pas moins de 17 espèces de tortues en Guyane dont 5 marines et 12 continentales. On ne parlera ici que des tortues continentales. Les tortues suscitent la curiosité et donc des questions.

Voici quelques réponses à ces questions :

– Comment savoir si c’est une tortue d’eau ou de terre ?

Pour savoir dans quel milieu vit une tortue continentale, il faut regarder ses pattes. Celles qui ont des pattes palmées, avec des doigts visibles, vivent à proximité de l’eau : marais, pripris, crique, fleuve, voir simple fossé. Celles qui ont des pieds ronds sont terrestres. Ce qui n’empêche pas la Tortue charbonnière, une des deux tortues terrestres de Guyane, de s’enfoncer parfois dans les mares de boues.

– Les Tortues ont-elles un squelette sous leur carapace ?

Squelette de Tortue. Photo prise au MNHN, Paris.

Attention, ne classez pas les tortues dans les animaux à squelette externe. Elles ont bien un squelette sous leur carapace, avec des vertèbres, des côtes, etc… A noter sur la photo, la colonne vertébrale derrière le crâne.

– Comment font les tortues pour rentrer leur tête dans la carapace ?

En fait, il existe deux sortes de tortues. Certaines rentrent la tête dans l’axe du corps, un peu comme un tiroir. Les scientifiques parlent de tortues cryptodires. On trouve des tortues cryptodires terrestres ou aquatiques. Les autres rabattent leur cou sur un côté de la carapace. Les scientifiques parlent de tortues pleurodires. Ces tortues sont aquatiques.

– Est-ce que toutes les tortues sont herbivores ?

Non, l’image de la tortue mangeant de la salade, Caroline dans Boule et Bill, est bien loin de la réalité. La Tortue charbonnière, la Tortue denticulée et la Tortue ponctulaire, par exemple, mangent de tout, elles sont omnivores.

La Tortue scorpion, la plus petite tortue de Guyane.

Certaines Tortues aquatiques comme la Tortue scorpion, la Tortue bossue ou la Tortue à tête de crapaud  sont carnivores. Quant à la Podocnemide élargie, la plus grande tortue d’eau douce de Guyane, elle est carnivore quand elle est jeune et végétarienne à l’âge adulte.

– Est-ce que toutes les tortues pondent œufs ?

Ponte d’une Tortue charbonnière.

Tout le monde a vu des images de la ponte des Tortues luths sur les plages. En fait, toutes les tortues pondent des œufs. Toutes creusent un nid où elles déposent leurs œufs. Ce sont donc des ovipares.

– J’ai trouvé une tortue sur la route, que dois je faire ?

Une Tortue ponctulaire, Rhinoclemmys punctularia, traverse la route.

Les tortues se déplacent naturellement. Si vous croisez une tortue, elle n’est pas forcément « perdue » ou « en danger ».  En ce moment, avec la pluie, de nombreuses tortues amphibies traversent les routes. Ne les ramassez pas. A la limite, si vous sentez qu’elle risque de se faire écraser, faites lui traverser la route.

-Ma Tortue de Floride est trop grosse, va t-elle survivre si je la lâche dans la nature ?

La Tortue de Floride, la Trachémyde écrite pour les scientifiques, est commercialisée un peu partout en France. Le problème est que cette Tortue, vendue toute petite,

peut grossir beaucoup, jusqu’à 30 cm pour une femelle adulte. Donc, si on l’a adoptée, il faut s’engager à s’en occuper jusqu’au bout. Lâchée dans l’environnement, elle a

Trachémyde écrite, Trachemys scripta, Lac Marie-Claire, Kourou.

de forte chance de survivre, de se reproduire et est considérée comme une espèce envahissante par les scientifiques. C’est la seule espèce introduite en Guyane. On la trouve dans les lacs, dans ou près des villes, comme dans le Lac Marie Claire à Kourou. Le risque est que cette espèce rentre en compétition avec des espèces locales. Donc, ne surtout pas relâcher sa tortue dans le milieu naturel.

De par leur forme particulière, les tortues nous fascinent. N’hésitez pas à envoyer vos questions à dipijo@wanadoo.fr qui essayera de trouver la réponse. En attendant, si vous croisez une tortue, observez-la et laissez-la poursuivre son chemin. Vous pouvez aussi signaler vos observations en participant à Faune-guyane.

Pour en savoir plus :

Deux documents sont téléchargeables sur Internet et vous permettront d’en savoir plus sur les tortues :

« Les Tortues de Guyane française », 1987, J.Fretey, Nature guyanaise, 141 pp. Jacques Fretey est un spécialiste des tortues. Dès 1970, il étudie les Tortues luths en Guyane. Ce livre est téléchargeable sur le site de la Sepanguy, en cliquant sur le titre en bleu.

« L’identification des tortues terrestres, dulçaquicoles et marines de Guyane », 2019, M. Dewynter, T. Le Pape, E. Rémerand et T. Fretey, Fondation biotope, Les cahiers de la fondation N°26, 34 pp. C’est LE document à télécharger pour identifier les tortues de Guyane. En plus, comme tous les cahiers de biotope, c’est remarquablement illustré !

Pour voir d’autres images de Tortues sur dipijo, cliquez ici.

Bonne fête à toutes les mamans !

Dipijo souhaite une bonne fête à toutes les mamans en images.