¿ Como se llama este animal ?

Dipijo fait un clin d’œil à l’année France-Colombie 2017 en vous faisant découvrir le nom des animaux de Guyane en espagnol. La Colombie est à la même latitude que nous, elle est située au nord ouest de l’Amérique du sud. Elle partage avec nous un morceau de la forêt amazonienne. La Colombie est l’un des pays les plus riches de la planète en matière de biodiversité, avec 492 espèces de mammifères, 1 912 espèces d’oiseaux et pas moins de 803 espèces d’amphibiens !

Dipijo vous propose un nouveau jeu pour vous initier aux noms des animaux de Guyane en espagnol.

A vous de jouer en cliquant sur ce lien  :

¿ Como se llama este animal ?

Ou en allant dans la rubrique jeu.

Références :

https://www.elespectador.com/ : Un article du 25 mai 2017 sur la biodiversité de la Colombie en chiffres, publié par El Espectador, un quotidien colombien. Un coup d’œil sur les chiffres publiés dans cet article donne le vertige.

 https://sites.google.com/site/haariehbamidbar/atlas-of-the-birds-of-colombia : ‘Verhelst-Montenegro, J.C. & Salaman, P. , 2015, Checklist of the Birds of Colombia / Lista de las Aves de Colombia. Electronic list, version ’18 May 2015’. Atlas of the Birds of Colombia.

 

 

Publicités

Comment font les caïmans pour ne pas boire la tasse ?

Un caïman à lunettes, la bouche à moitié immergée.

Que celui qui n’a jamais bu la tasse à la piscine lève le doigt. Quand l’eau rentre dans notre trachée, c’est très désagréable. On tousse, on crache.

Les caïmans respirent comme nous, c’est-à-dire qu’ils ont des poumons. Quand ils plongent, ils font de l’apnée comme les tortues marines, les dauphins, les lamantins, les loutres, les grèbes, les humains et tous les animaux qui respirent grâce à des poumons.

Les caïmans passent une grande partie de leur vie dans l’eau. La tête à moitié immergée où seuls les yeux et les narines sont en surface. Problème, ils n’ont pas de lèvre pour fermer la bouche et ne peuvent pas non plus se pincer le nez. Comment font-ils pour ne pas boire la tasse ?

D’abord, leurs narines sont placées au-dessus du museau, ouvertes à la verticale. Encore mieux, lorsqu’ils plongent, elles se ferment. En plus, un conduit respiratoire

au dessus du palais s’ouvre dans la gorge par des narines internes. L’air arrive donc derrière la bouche qui se ferme hermétiquement grâce à des voiles musculeux sur le palais et sur la langue. La trachée conduira alors l’air aux poumons comme pour les humains. Le caïman peut donc tenir une proie dans sa bouche et continuer à respirer par ses narines sans avaler de l’eau. Malin, non ?

Pour en savoir plus :

« Crocodiles, Alligators et Caïmans », 1990, C. A. Ross, S. Garnett et coll., Bordas, 240 pp.

« Les sauriens, ces vivants dinosaures« , un article sur les caïmans de Guyane avec de très belles photos sur le blog :  » https://danslesforetsdeguyane.com/ « , signé A. Broux.

 

Des plantes envahissent le lac Bois Diable

 

Depuis quelques temps, le lac de Bois diable est couvert d’une petite plante : La Salvinie auriculée, Salvinia auriculata, pour les scientifiques. En la regardant de plus près, cette plante peut nous surprendre : il s’agit en fait d’une fougère ! Rien à voir à première vue avec les fougères des forêts. Et pourtant, comme toutes les fougères, elle se reproduit grâce à des spores. Elle a aussi la capacité de se reproduire rapidement par multiplication végétative. Et c’est bien cela qui explique qu’elle est réussie à couvrir plus de la moitié du lac !

Ces frondes (les « feuilles » des fougères), de la forme d’un ongle, sont aussi originales. Elles sont tapissées de petits poils qui laissent glisser l’eau à leur surface. Pas de racine chez cette plante, mais des frondes transformées en long filaments jouent ce rôle.

La Salvinie est connue depuis longtemps en Guyane. Jean-Baptiste Fusée Aublets, un botaniste du XVIIIe siècle écrivait : « J’ai trouvé cette plante sur l’eau des rivières qui serpentent dans les plaines de Caux ». Aujourd’hui, on écrirait « Kaw ». Cette fougère aquatique se plait dans les zones marécageuses, les petits étangs et apparemment le lac Bois Diable ! Elle est tellement envahissante sur ce lac qu’on est obligé de la retirer à l’aide d’un engin spécialisé : Une faucardeuse qui travaille habituellement sur les pripris de Yiyi. Cette plante est vendue dans le commerce pour les aquariums, en Europe notamment où elle est absente naturellement. Quand on voit son caractère envahissant on peut se demander si c’est une bonne idée…

Références :

« Histoire des plantes de la Guiane françoise rangées suivant la méthode sexuelle » , 1775, J.B Fusée Aublets, Edition P.-F. Didot jeune, Londres et Paris, quatre volumes. Vous pouvez consulter cette ouvrage sur l’excellente site : http://www.manioc.org/, une bibliothèque numérique très riche d’ouvrages anciens sur la Guyane.

Livret 2 « Des marais à la crique » de la « Fresque des paysages naturels guyanais », 2008, R. Girault, F. Capus, C. Pourcher, Editions Sépanguy, 94 pp.

http://www.ville-sinnamary.fr/la-faucardeuse-en-action-a-kourou/ : Des photos de la faucardeuse en action sur le lac.

Feux interdits

Feu de végétation (Sinnamary, 2016)

Depuis le 21 septembre 2017, la mise à feu volontaire est interdite dans le secteur de Sinnamary, Kourou, Iracoubo et Macouria. En effet, si le nombre des départs de feux à diminué cette année (environ 14 hectares ont brûlés contre 27 hectares l’an dernier au 11 septembre), le risque de feux de végétation reste très élevé en saison sèche. On a compté pas moins de 8 feux de végétation dont 4 à Kourou le mardi 19 septembre. L’année dernière, durant la période du 11 septembre au 12 décembre, il y a eu 1049 feux de végétation avec 2247,345 hectares brûlés, c’est-à-dire trois fois plus qu’en 2015 (805,64 hectares ). Pour les sportifs, 2247 hectares partie en fumée, c’est une surface équivalente à 2957 terrains de foot !

Pourquoi une telle augmentation des feux de végétation ?

2016 fut l’année la plus chaude enregistrée en Guyane depuis 1955, c’est aussi l’année la plus sèche.

Dans 90 % à 95% des cas, c’est l’homme qui est à l’origine des incendies à cause de travaux agricoles (mise à feu volontaire d’une parcelle pour la nettoyer), de barbecues mal contrôlés, de mégots jetés par les fenêtres des voitures ou de dépôts d’ordures.

Ces feux créent de nombreux désagréments pour la population. Les fumées rendent la circulation dangereuse, l’excès de particules dans l’air peut créer des problèmes de santé chez les personnes sensibles. Les incendies peuvent menacer le bétail ou les habitations. L’année dernière, l’école de Trou poisson,  ce si beau patrimoine historique, est tristement partie en fumée. Enfin, pensons aux pompiers et essayons d’imaginer ce que représente plus de 1000 feux à éteindre en 3 mois ! Les interventions sur les feux de savanes peuvent être dangereuses pour eux et la fatigue s’accumule.

Côté nature, dans la réserve des pripris de Yiyi, les scientifiques étudient l’impact des incendies à répétition sur les plantes. Ces feux modifient et appauvrissent sensiblement la composition floristique des savanes. Concernant les animaux de savanes, tous ne peuvent pas fuir les incendies et périssent alors. C’est le cas notamment pour les Tortues charbonnières, une des habitantes des savanes.

Pour en savoir plus :

http://www.guyane.gouv.fr/ : le site de la préfecture de Guyane.

http://www.meteo.gp : le site de Météo France pour la Guyane

http://www.guyane.developpement-durable.gouv.fr : Le site du développement durable en Guyane.

http://www.savanes.fr/ : Un site spécialisé pour découvrir les savanes de Guyane.

 

Le Jeu de la rentrée : Reconnaître les Mammifères de Guyane

Un nouveau jeu pour la rentrée : « Reconnaître les Mammifères de Guyane ». C’est simple répondez aux dix questions et à la fin cliquez sur « envoyer » pour voir votre score.

Pour jouer, clique sur ce lien « Reconnaître les Mammifères »

Pour continuer à tester vos connaissances, rendez-vous à la rubrique « jeux » de ce site.

A vous de jouer !

Photo prise au zoo de Guyane.

 

Les limicoles sont arrivés !

Il y a beaucoup d’oiseaux en bord de mer en ce moment. La pointe des roches à Kourou grouille d’activité. Mais d’où viennent ces milliers d’oiseaux ?

En les observant de plus près, on peut voir que nombre d’entre-eux ont un long bec. Ils parcourent les rochers et les vasières en picorant dans tous les sens. Ce sont des limicoles. Ce mot regroupe un grand nombre d’espèces d’oiseaux qui vivent et se nourrissent dans la vase. Tous ces oiseaux vivent au bord de l’eau, en voici quelques exemples :

S’ils sont très nombreux au mois de septembre, c’est parce que bon nombre d’entre eux sont des migrateurs, c’est à dire qu’ils ont parcouru de longues distances pour venir sur nos côtes. Prenons le cas du Bécasseau maubèche. Ces oiseaux sont de grands migrateurs. Ils nichent dans le grand nord canadien et migrent jusqu’au Chili ! Soit un voyage d’environ 15 000 Km, c’est-à-dire près de 30 000 Km par an ! Au cours de ce périple, certains s’arrêtent chez nous, au mois de septembre, pour reprendre des forces.

Comment les scientifiques peuvent-ils affirmer que ces oiseaux parcourent d’aussi longues distances ? Les photos ci-dessous nous donnent un élément de réponse.

En fait, ils capturent ces oiseaux pour leur poser des bagues et des drapeaux (flag en anglais) avec une couleur et un code précis. La couleur permet de connaître le pays où l’oiseau a été bagué. Le code permet d’identifier l’individu. Ainsi, on sait que l’oiseau bagué en rouge code AVU, a été bagué le 18 janvier 2008 en terre de feu, au Chili et qu’en août 2013, il a été vu et photographié pour la troisième fois à la pointe des roches. On peut donc dire qu’il a déjà parcouru au moins 90 000 km !

Pour information, les scientifiques n’utilisent pas toutes les lettres de l’alphabet afin d’éviter les confusions avec des chiffres. Les codes de drapeaux susceptibles d’être observés sont composés à partir de :

15 lettres: A C E H J K L M N P T U V X Y
10 chiffres: 1 2 3 4 5 6 7 8 9 0
4 symboles optionnels: + = @ %

Par exemple, on n’utilise pas la lettre « O » pour ne pas la confondre avec le chiffre « 0 ».

Pour les pays, les codes couleurs des drapeaux sont :

Canada : Blanc / Etats-Unis : Vert foncé, Vert clair / Guyane, Guyane, Surinam, Venezuela : Noir /  Brésil, Paraguay : Bleu foncé / Chili : Rouge / Uruguay, Argentine : Orange.

Si vous voyez un oiseau bagué, notez la couleur de la bague et son code. Le mieux, si vous le pouvez, est de le photographier. Pensez à envoyez un petit mot à Dipijo qui se fera un plaisir de publier votre observation.

Pour les observer, mieux vaut se munir d’une bonne paire de jumelles. Cela évitera de les faire décoller inutilement. La prochaine fois que vous verrez ces petits athlètes, pensez au voyage qu’ils sont entrain de parcourir… De l’Arctique canadien à la Terre de feu !

Pour en savoir plus sur les limicoles :

« Portraits d’oiseaux guyanais« , 2003, Gepog, Ibis rouge éditions, 479 pp.

« Les limicoles de la façade atlantique des Amériques« , 2004, E. Hansen, W. Raitière, A. Lartiges, Sepanguy, 128 p.

Pour voir plus de photographies d’espèces de limicoles, consulter la photothèque de ce site en cherchant « les limicoles » ou rendez-vous sur le site du Gepog et cherchez les familles des Scolopacidés et des Charadriidés.

D’autres références qui ont permis décrire cet article :

« Recherche sur les Bécasseaux maubèches à l’archipel de Mingan », C.Buidin, In Le Huart, Vol. 30, N°1, Avril 2013.

Des informations sur le site :  https://www.shorebirdplan.org

 

 

 

Un concert dans la forêt.

Le cri du singe hurleur est très puissant

Lors d’une nuit en forêt, on peut entendre un énorme cri. Comme un souffle dans les branches ou un ogre mal réveillé. Pas de panique, il ne s’agit que de l’appel d’un animal inoffensif : le Singe hurleur roux, Alouatta macconnelli, plus connu localement sous le nom de Baboune.

 

 

L’os Hyoïde d’Alouatta seniculus (Photo prise au Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris)

Ce chanteur doit son cri à un organe spécial : une modification de l’os hyoïde qui agit comme une caisse de résonance. Mais au fait, pourquoi ce singe hurle t-il aussi fort ? Les Singes hurleurs vivent en petits groupes de 3 à 7 individus, avec un ou deux mâle(s), des femelles et des jeunes. Il se nourrit principalement de feuilles, mais aussi de fruits, de bourgeons ou de fleurs. Pour se faire, ils parcourent leur territoire,

Crâne de Singe hurleur ,Alouatta sp. (Photo prise au Muséum Nationale d’Histoire Naturelle à Paris)

d’environ 40 hectares. Leur cri permet de signaler aux autres groupes de Singes hurleurs leur présence afin d’éviter les conflits. Pour se faire, toute la troupe se met à hurler, les mâles comme les femelles. On entend surtout ce cri la nuit, à l’aube et au crépuscule. Mais, il arrive d’entendre deux groupes se répondent l’un à l’autre en pleine matinée, peut-être se sont-ils trop rapprochés l’un de l’autre.

Il n’est pas toujours facile d’observer les Singes hurleurs. En effet, ceux-ci restent dans la canopée la plupart du temps. Ils se déplacent peu et malgré leur flamboyant pelage, on peut passer sous un groupe sans le voir. Deux petits trucs pour apercevoir les singes. Souvent, lorsqu’ils se nourrissent ceux-ci laissent tomber au sol des morceaux de feuilles ou de fleurs. Autre indice, les crottes des singes hurleurs sentent le crottin de cheval. Si vous sentez cette odeur caractéristique en pleine forêt, Levez la tête, il y a plus de chance d’avoir une famille de babounes pas loin plutôt qu’un cheval !

Enfin, ne vous étonnez pas d’entendre ces cris dans des endroits loin de la forêt profonde. Les Singes hurleurs peuvent aussi vivre dans les bosquets en savane comme au centre spatial ou dans les mangroves. A l’aube, un groupe qui vivait dans la mangrove à Guatemala s’entendait jusqu’au ponton des pêcheurs à Kourou !

Pour en savoir plus sur le Singe hurleur roux :

« Les Primates de Guyane », 2005, B. De Thoisy, M. Dewynter, Collection Nature Guyanaise, 69p.

« Faune de Guyane« , 2007, E. Hansen et C.Richard-Hansen, Ed. Roger le Guen, 272 pp.

« Hurleur roux : le singe tranquille« , 2011, Article signé T. Deville et G. Feuillet, dans « une saison en Guyane », N°6, pp. 50 à 57.