La liste rouge des espèces menacées en Guyane.

La Guyane est une région où la biodiversité est d’une incroyable richesse. La faune guyanaise subit différentes pressions comme l’extension des zones agricoles et

Les Loutres géantes ont besoin de milieu aquatique non-pollué

l’urbanisation qui réduisent la surface des savanes, la pollution des fleuves due à l’orpaillage ou la chasse trop importante de certaines espèces. Afin de mieux préserver ce patrimoine naturel, une quarantaine de spécialistes ont évalué les risques de disparition de 1520 espèces de vertébrés de Guyane.

Evaluer le risque de disparition d’une espèce ou tout simplement étudier le dynamisme de sa population nécessite parfois de longues recherches. C’est le cas, par exemple, pour comprendre l’impact de la chasse sur le gibier. Madame Cécile Richard-Hansen, de l’ONCFS, a eu l’amabilité de venir nous expliquer, au collège, le travail des chercheurs sur le terrain pour suivre et comprendre les populations de grands mammifères.

Le fruit des travaux de ces scientifiques est un document appelé :  » La Liste rouge des espèces menacées en France : Faune vertébrée de Guyane ». Ce document est donc une référence pour connaître les espèces en danger en Guyane. A lire absolument par tous les amoureux de la faune guyanaise ! (Télécharger le document en cliquant sur le lien ici ou sur le titre du document dans l’article.)

Quelques vertébrés classés : « en danger ou en danger critique » :

 

Les élèves du collège V.Schoelcher aux îles

Le vendredi 23 juin, des élèves de classes de 5èmes, 3èmes et Ulis ont été aux îles. Aux îles, certes mais lesquelles ? Quand on parle des îles à Kourou, on évoque les îles du Salut. Mais ce ne sont pas les seules îles de la Guyane, loin de là. Notre région à la chance d’avoir le long de ses côtes plusieurs îles, les îlets le Père, la Mère ou les Mamelles, L’enfant perdu, ou l’île du grand Connétable, magnifique réserve naturelle où se reproduisent de nombreux oiseaux marins.

Galerie « la traversée »

 

 

Les élèves, qui pour certains allaient aux îles pour la première fois, ont pu découvrir les joies de la navigation, participer à une course d’orientation ou à un tournoi d’ultimate, jouer au football, découvrir la faune et la gestion d’une ressource indispensable : l’eau douce. Bref, une journée bien remplie.

Galerie de la découverte du patrimoine historique et des activités physiques

 

 

Côté sportif, nos élèves ont été comme d’habitude au top. Lors de la course d’orientation, ils ont su découvrir les vestiges du bagne dans le temps imparti. Pour l’Ultimate, les matchs furent disputés âprement. Quant au football,  ils ont découvert que la principale difficulté consiste à ne pas laisser le ballon au sommet d’un manguier.

Galerie des sciences et techniques

 

 

Côté scientifique, Jean-Luc Bauza, de la Sepanguy, a partagé avec eux l’intérêt de la bonne gestion d’une ressource si importante : l’eau. Le technicien de la SGDE en charge de la centrale de dessalinisation de l’eau de mer leur a expliqué dans le menu détail  cette technologie si particulière. Les résultats au concours des 5èmes ont montré que les informations étaient bien passées.

Quant au concours sur les animaux, tous les groupes ont surmonté l’épreuve. Dipijo étant un site naturaliste, il convient de développer ici cet aspect de la sortie. Le livret du jeu « kiskidi » est téléchargeable en cliquant ici. Il a été conçu pour une sortie aux îles du Salut. Quelques éléments de réponses :

Galerie de la faune marine

 

 

Pour la partie maritime : Comme beaucoup d’entre-vous l’ont écrit, il n’y a pas de crabe violoniste aux îles alors qu’il y en a plein aux pontons des pêcheurs et plaisanciers. Ceci est dû à l’absence de mangrove et de vasière aux îles. Or, ce crabe vit dans un terrier qu’il creuse dans la vase où il va entreposer des feuilles de palétuviers dont il se nourrit. Quant aux tortues marines, elles ont effectivement des poumons. elles plongent donc en apnée, comme les dauphins ou les baleines.  Lors de la traversée, certains ont vu des Fous ou des Pailles-en-queue. Malheureusement, ces deux oiseaux autrefois signalés en Guyane ont aujourd’hui disparu de nos côtes. Par contre, les sternes étaient bien au rendez-vous sur les balises. Il en existe plusieurs espèces en Guyane. Enfin, les lygies sont bien des crustacés. Ces petits animaux vivent sur les rochers balayés par les vagues, contrairement aux cloportes qu’il faudra chercher dans la litière de la forêt.

Pour la partie terrestre : Deux des quatre espèces de singes proposées sur le livret vivent sur l’île royale, il s’agit des Capucins bruns et des Saïmiris. Les deux autres espèces se rencontrent sur le continent, en forêt. Les singes de l’île royale ont été importés par l’homme après le bagne. C’est la même chose pour les Agoutis à croupion roux. Ces rongeurs, qui pèsent de 3 à 6 kg, pullulent sur l’île où il n’y a pas leurs prédateurs naturels comme les jaguars, les pumas, les jaguarondis ou les Harpies féroces, par exemple. Les agoutis sont autorisés à la chasse en Guyane. Leur présence en forêt est importante car ils disséminent les graines. En effet, l’Agouti enterre une partie des graines qu’il collecte pour se faire des garde-manger. Mais, comme il oublie parfois où sont ses cachettes, les graines finissent par germer. Quant aux lézards, comme l’Améive, ils sont classés dans les squamates au même titre que les serpents, car ils changent de peau régulièrement. Ce sont des insectivores contrairement à l’iguane qui se nourrit de feuilles, de fruits et de fleurs. Enfin, tout le monde a identifié sans difficulté le paon, d’autant plus que ce dernier a décidé de venir déjeuner avec nous. Ce magnifique oiseau vit à l’état naturel en Asie. Il a lui aussi été importé par l’homme sur l’île.

Galerie de la faune de l’île Royale

 

 

Ce fût une très belle journée et l’équipe pédagogique souhaite remercier Ariane espace et l’ESA pour leur soutien à ce projet. Pour conclure, la prochaine fois que vous allez aux îles, si vous croisez un Albatros, un Paille-en-queue ou un fou n’oubliez pas de le photographier et d’envoyer une photo à Dipijo !

 

 

L’Océanite de Swinhoe : un cadeau de l’océan.

Vous vous en souvenez peut-être, au mois de novembre 2016, deux nouvelles espèces d’oiseaux pour la Guyane étaient confirmées sur le territoire. Ce qui amenait le nombre d’espèces observé à 729. Mais comme la nature nous réserve toujours des surprises, le 25 mai, un étudiant du BTS Gestion et Protection de la Nature du lycée agricole de Matiti, mettait la main sur une nouvelle espèce, l’Océanite de Swinhoe (Oceanodroma monorhis). La découverte de cet oiseau sur l’île du grand Connétable est d’autant plus extraordinaire qu’il est inconnu de toute l’Amérique du sud. Cette espèce d’Océanite est connue dans les Océans Indien et Pacifique. Il y a eu aussi des observations dans l’Atlantique nord, mais jamais en Amérique du sud. C’est donc une grande première et la 730ème espèce d’oiseau observée en Guyane.

Les océanites sont des oiseaux qui passent l’essentiel de leur vie en pleine mer. Ils ne viennent à terre que pour nicher. C’est le plus petit oiseau rencontré aussi loin de la côte. Ils se nourrissent de petits poissons et de plancton qu’ils capturent en voletant au-dessus des vagues. Lorsqu’ils pêchent, on a l’impression qu’ils sautillent sur l’eau. En Guyane, l’Océanite culblanc (Oceanodroma leucorhoa) est le plus fréquent. Cet oiseau qui niche dans l’Atlantique nord, vient hiverner sur les côtes africaines ou de l’Amérique du sud. Il parcourt ainsi 15000 km par an !

Bravo à cet étudiant du BTS GPN ! Quelle découverte !

Pour en savoir plus :

http://www.faune-guyane.fr/ : Lisez l’article concernant cette découverte, les circonstances de la capture sont amusantes.

« Les oiseaux de mer de Guyane« , 2004, A. Le Dreff, R. Le Guen, Editions Roger Le Guen, 48 p.

Un séisme à Kourou

Dans la nuit de mercredi à jeudi, à 3h55, de nombreuses personnes ont été réveillées par un bref tremblement de terre de 5 à 6 secondes. Rien de grave heureusement. Des gens réveillés dans leur sommeil, des murs qui tremblent, des objets suspendus qui bougent mais heureusement aucun dégât majeur.

L’épicentre a été localisé à 30 km de Kourou, au nord-ouest des îles du Salut. Le séisme était d’une magnitude de 3,8 sur l’échelle de Richter. Il a été enregistré par le sismographe du centre spatial, en Colombie, au Brésil et au Vénézuéla. Il pourrait avoir comme origine les nombreux sédiments qui se déposent sur le plateau continental.

La Guyane est peu sujette aux séismes. Toutefois, beaucoup de gens se souviennent du séisme du 08 juin 2006, à 13h29. Il était plus important que celui d’hier avec une magnitude de 5,2 sur l’échelle de Richter. L’épicentre se trouvait cette fois-là entre Kaw et l’embouchure de l’Approuague. On citera aussi un séisme en juillet 2015 à Paramaribo ou un autre en Guyane de 4,7 sur l’échelle de Richter, le 24 avril 1951.

Les séismes restent rares en Guyane. Ils n’en sont pas moins impressionnants. Encore peu connus, les scientifiques souhaitent mieux les comprendre. Ils vous invitent donc à apporter vos témoignages si vous l’avez ressenti.

Pour témoigner, cliquez sur le lien suivant :

http://www.franceseisme.fr/alertes-fr.php

Vous pouvez aussi ajouter vos témoignages en ajoutant un commentaire sur ce site.

What is this animal ?

Et si on parlait anglais ? Dans la photothèque, tu as pu voir que sous le nom scientifique en latin, il y a les noms des oiseaux, des mammifères et des tortues en anglais. Les autres (serpents, amphibiens, etc…) vont venir.

Pour un premier pas, dans l’apprentissage du nom des animaux dans la langue de Shakespeare, tu peux jouer à « What is this animal ? ». A la fin, quand tu envoies tes réponses, tu pourras vérifier ton score. Tu retrouveras aussi ce jeu dans la rubrique « jeux ».

Des plantes carnivores en Guyane

Lors d’un cours sur les besoins des plantes, un élève faisait remarquer qu’il existait des plantes carnivores ! L’effroi se fit sentir. De quel monstre parlait-on ? Mais, au fait, existe t-il des plantes carnivores en Guyane ?

Et bien oui, même si personne n’a jamais été sauvagement agressé par de telles plantes. En fait, il existe au moins 31 espèces de plantes carnivores en Guyane. Certaines poussent dans l’eau, d’autres sur terre et d’autres enfin sont des épiphytes, c’est-à-dire qu’elles poussent sur les arbres.

Mais pas de danger. Ce sont de charmantes plantes bien élevées. Par exemple, la Drosera est une toute petite plante, quelques centimètres seulement, qui se contente de minuscules moucherons. Elle les capture grâce à des poils sur les feuilles terminés par une goutte gluante et brillante. Le moucheron se pose sur la feuille et reste collé dans cette véritable glu. Les poils vont alors conduire l’insecte au milieu de la feuille où il sera digéré ! En fait, ces plantes vivent sur des sols très pauvres en nutriments. Digérer des insectes leur permet de coloniser ces milieux . On peut les trouver dans les savanes.

Un autre exemple, les Utriculaires. Il en existe plusieurs espèces terrestres ou aquatiques en Guyane. Certaines Utriculaires aquatiques ont développé une technique originale pour capturer les insectes. Dépourvue de racine, l’Utriculaire a deux types de feuilles. Une feuille normale qui assure la photosynthèse et sous l’eau une feuille en forme de petite outre (d’où son nom) qui capture des animaux microscopiques aquatiques.

Bref, vous l’aurez compris, prochaine balade, attention où vous mettez les pieds, il ne faudrait pas écraser une Drosera, cette si  jolie petite plante. D’autant plus que deux plantes carnivores de Guyane Drosera cayennensis  et  Genlisea pygmaea font partie des espèces protégées.

Pour en savoir plus :

http://guyane-l.over-blog.com/ : Un blog en anglais sur les plantes carnivores de Guyane.

http://www.savanes.fr/ : Le site sur les savanes de Guyane avec des fiches sur la faune et la flore de ces milieux.

L’œuf de Pâques

Nid et oeuf unique du Tinamou varié.

En se promenant en forêt, on fait parfois des découvertes inattendues. En franchissement un tronc d’arbre couché, en bout de chablis, un oiseau s’envole soudain, au dernier moment, juste avant le pied qui allait marcher dessus. Surprise, à sa place, un œuf, plus petit que celui d’une poule, mais d’une brillante couleur, est posé sur les feuilles mortes. Mais quel est donc cet œuf de Pâques ?

Il s’agit de l’œuf du Tinamou varié, Crypturellus variegatus, plus connu ici

Tinamou varié, Crypturellus variegatus.

sous le nom de « perdri ». Ces oiseaux, comme tous les Tinamidés, nichent à terre. Leur nid est constitué d’une légère dépression dans l’humus du sol. Mais, le Tinamou varié nous réserve bien d’autres surprises. En effet, l’oiseau qui vient de s’envoler est le père de cet œuf. Car chez les Tinamous, c’est le mâle qui s’occupe de couver les œufs et d’élever les petits. La mère se contente de pondre l’œuf et repart chanter pour attirer un nouveau mâle. William Beebes, au Guyana, parlent de quatre mâles pour une femelle. Ce chant, vous le connaissez sûrement, il commence par une jolie note flûtée que vous entendez à la tombée de la nuit.  On dit ici que quand on entend ce chant, il est temps de rentrer car il annonce la nuit. Les Tinamous chantent aussi tôt le matin.

Un Tinamou varié, immobile.

Ainsi, durant environ 21 jours, le mâle, caché par son plumage couleur de feuilles mortes, va couver les œufs. Il s’occupera de son unique poussin qui quittera rapidement le nid pour le suivre. Les Tinamous se nourrissent de fruits et de graines récoltés sur le sol. Si vous les dérangez, il s’envole, sans crier pour se poser un peu plus loin. Il s’aplatit sur le sol et ne bouge plus. Si vous vous approchez, il restera immobile, considérant que son plumage le rend invisible. Il est vrai qu’il n’est pas facile à voir et pourtant son chant fait de lui un des oiseaux les plus célèbre de notre forêt.

Merci à O.Tostain, pour l’identification de l’œuf.

« Dans les jungles de Guyane« , 1933, William Beebe, Librairie Stock, 222 p.

« Mate choice in role-reversed species », Marion Petrie, In « Mate Choice », P. Baterson, 1983, Cambridge University Press.

Pour écouter le chant du Tinamou varié, cliquez ici. Xeno-canto est un site où vous pourrez écouter le chant des oiseaux du monde entier.