A la poursuite des Tortues luths

Mi-septembre, Dipijo écrivait à propos de la curieuse balade d’une Tortue luth sur une plage de Bretagne. Au mois de Juin, un scientifique de Strasbourg, Damien Chevallier, est venu en Guyane pour équiper neuf Tortues luths de balises qui permettent de suivre leurs déplacements. Le site du CNES, Argonautica vous permet de partir à la poursuite d’Arya, Augustine, Chani, Charlotte, Donatella, Lucie, Meiko, San et Stella.

Nos vaillantes voyageuses ont fait du chemin depuis quatre mois. Pour vous en rendre compte, cliquez sur le lien suivant : Argonautica. Une fois sur le site, cliquez sur le dessin de Tortue. Choisissez ensuite votre animal parmi les noms de la liste qui s’affichent à droite. Pour voir le trajet effectué, cliquez sur l’onglet « carte ».

Je vous conseille de jeter un coup d’œil sur le voyage de Lucie, cela devrait vous rappeler l’article : « Une Tortue luth en Bretagne« .

Ah, j’oubliais, comme le CNES a fait les choses bien, les élèves de la classe de mer peuvent aller jeter un coup d’œil sur les autres cartes. Peut-être que ça vous donnera des idées pour votre carte mentale…

Références :

Le site du CNES, Argonautica, vous permet de suivre plusieurs espèces animales équipées de balises (manchot, éléphant de mer, ours polaires, requin pèlerin). L’avantage de ces cartes de suivis sont qu’elles sont associées aux cartes de plusieurs paramètres hydrologiques.

La lettre Argonautica d’octobre.

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Y a t-il des pélicans en Guyane ?

La mangrove et ses habitants, David F.N.

La consigne était simple : « Dessiner la mangrove de Guyane et la faune qui y vit ». Sur le dessin de David, il apparait en haut, à gauche, deux pélicans en vol. La réaction ne se fait pas attendre, « il n’y a pas de pélican en Guyane », « Non, il y en a, j’en ai vu », « Yu lei fu mi », etc… La question était posée : « Y a t-il des pélicans en Guyane ? »

Le professeur Tamitéziédevanlétrou, éminent ornithologue, interrogé à ce sujet, nous a répondu : « Ben, oui, parfois ».  Devant une réponse aussi

Pélican brun, Pelecanus occidentalis, un adulte photographié à Trinidad.

Deux Pélicans bruns, port de Kourou.

claire, nous nous sommes plongés dans les livres et sur internet. Oui, il y a bien des pélicans parfois en Guyane. Il s’agit de Pélicans bruns, Pelicanus occidentalis, un oiseau qui vit habituellement aux Antilles et au Brésil. Certains individus, le plus souvent des jeunes, nous rendent visite occasionnellement. En général, ils ne font que passer en Guyane. Depuis deux ans, ces gros oiseaux semblent apprécier le port de pêche et de plaisance de Kourou où ils ont stationné quelques temps. Les pélicans pêchent habituellement dans les eaux claires des Antilles. Ils repèrent les poissons en vol et plongent dessus. Une technique difficile à pratiquer ici vu la clarté de l’eau en Guyane, pas étonnant donc, qu’on ne les observe pas plus souvent ici. La population de ces oiseaux a fortement diminué aux Antilles. L’espèce est considérée en danger. Raison de plus pour ne pas les déranger si vous en croisez un. C’est ce qu’ont fait les pêcheurs de Kourou qui, depuis deux ans, les accueillent sur les pontons et les piles du port.

Ah, au fait, depuis une semaine, il y en a un qui se promène sur nos côtes, alors « Mettez vos yeux devant les trous » et on verra qui sera le premier à le trouver ! (Vous pouvez envoyer vos observations, photo ou dessin à dipijo, qui se fera un plaisir de les publier).

Un pélican se cache sur cette photo, seras-tu le retrouver ?

Pour en savoir plus :

« Oiseaux de Guyane« , 1992, O. Tostain, J-L. Dujardin, Ch.Erard & J-M. Thiollay, S.E.O., 222 p.

Le Pélican brun ou « Gran gosier », Une fiche proposée par l’ASFA,  l’Association pour la Sauvegarde et la réhabilitation de la Faune des Antilles.

http://www.faune-guyane.fr/   Un site participatif sur les observations d’animaux en Guyane, riche en photos des différentes espèces.

La Galerie des grands gosiers :

 

Une hirondelle en ses voyages…

« Une hirondelle en ses voyages avait beaucoup appris », nous dit Jean de la Fontaine. Difficile de se prononcer sur les connaissances des hirondelles, par contre, une chose est sûre, certaines espèces font de longs voyages.

C’est le cas de l’Hirondelle rustique, Hirundo rustica. Ce petit oiseau de seulement 15 à 20 g est capable de parcourir des distances phénoménales. On trouve des Hirondelles rustiques partout dans le monde. Elles se reproduisent dans les zones tempérées et passent l’hiver sous des climats plus chauds. Ainsi, les Hirondelles d’Europe passent l’hiver en Afrique, celles d’Asie du nord hivernent en Inde ou en Asie du sud-est et celles d’Amérique du nord nous rendent visite en Amérique du sud. C’est le cas en ce moment où vous pouvez voir ces petits bolides à queue fourchue qui ne font que traverser notre région. Elles nous arrivent du nord des Etats-Unis et du Canada, ont traversé l’Atlantique ouest et passeront l’hiver boréal du Brésil jusqu’en Argentine. Elles repasseront par notre département vers le mois de mars. Poursuivant leur route vers l’Amérique du nord où elles iront nicher.

Des bécasseaux par milliers à la pointe de roches.

Les Hirondelles rustiques ne sont pas les seuls oiseaux migrateurs à nous rendre visite. En ce moment, les limicoles (Bécasseaux, Chevaliers, etc…) arrivent en grand nombre sur notre littoral.

Il existe plusieurs espèces d’hirondelles en Guyane. Si l’Hirondelle rustique ne se reproduit pas localement, certaines espèces sont visibles toute l’année et nichent ici. C’est le cas de l’Hirondelle chalybée, la plus commune en Guyane, de l’Hirondelle tapère, de l’Hirondelle à ailes blanches ou des Hirondelles à ceinture blanche.

 

De passage chez nous, les Hirondelles rustiques nous régalent par leur vol si acrobatique. Souhaitons leur  » Bonne route à toutes ! »

Hirondelle rustique

 

Une Tortue luth en Bretagne !

Une Tortue luth pond sur une plage de Kourou.

Les Tortues luths, en Guyane, on connait bien. Elles viennent pondre sur les plages du centre et de l’ouest de la Guyane, à Awala-Yalimapo, Rémire ou Kourou. Ce qui est plus étonnant, c’est la découverte faite par deux pêcheurs en Bretagne, lundi dernier, au petit matin. Une Tortue luth était sortie de l’eau et se déplaçait sur la plage, une image qu’on a plus l’habitude de voir sur nos côtes à la saison des pontes. Pour voir la vidéo et lire les articles, cliquez sur les liens : Article et vidéo du télégramme ou Article et vidéo du Ouest France

Les Tortues luths sont des animaux pélagiques, c’est-à-dire qu’elles passent toute leur vie en pleine mer, se nourrissant principalement de méduses. Les femelles ne viennent sur les plages que pour pondre, un spectacle émouvant. Où sont-elles le reste du temps ? Pour le savoir, les scientifiques les équipent d’une balise qui leur transmet la position géographique de la tortue par satellite. Les Tortues luths sont de grandes voyageuses. Par exemple, pour voir les déplacements effectués par 10 Tortues luths, parties des plages de l’île de Cayenne, cliquez ici. On se rend compte que certaines atteignent le Canada ! Mais, jusqu’en Bretagne, c’est encore plus loin, me  direz-vous. Certes, mais entre deux saisons de pontes, les Tortues luths migrent pendant 2 à 3 ans. Leur présence sur les côtes françaises est connue depuis longtemps. Notamment, lorsque ces tortues sont accidentellement pêchées dans les filets ou qu’elles s’échouent sur les plages. Par exemple, une Tortue luth est capturée en 1754 près de l’île de Ré.  Cela reste rare dans ces régions et fait souvent l’objet d’un article de presse ou d’une carte postale. En 1904, on paye 10 centimes pour voir le « Monstre marin », une Tortue luth pêchée et exposée à Blaye, près de Bordeaux. L’une d’entre elle, échouée à Concarneau en 1907, fut même naturalisée et transformée en lustre pour un restaurant parisien ! Récemment, on a trouvé des Tortues luths échouées dans la Baie du Mont St Michel, en 2011 et en 2013. Une autre Tortue luth morte a été découverte en 2016 sur l’île de Groix, étouffée par le plastique qu’elle avait avalé.

Une Tortue luth retourne à la mer après la ponte (Plage de Kourou)

Les Tortues luths pêchées ou échouées en Bretagne restent un phénomène rare. Mais, ce qui est le plus étonnant dans le cas de cette dernière observation est que la Tortue est sortie de l’eau, a fait un tour sur la plage pour retourner seule à la mer. « Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages »

Les échouages, ou comme ici l’observation d’un animal pélagique à terre, sont des informations importantes pour mieux comprendre ces animaux. Les pêcheurs ont eu le bon réflexe en filmant et communicant l’information aux scientifiques. Si vous aussi vous êtes témoins d’un échouage de mammifères marins ou de tortues marines, n’oubliez pas de contacter le Réseau des Echouages de Guyane (REG).

Références :

Pour voir la vidéo et lire les articles sur cette Tortue luth en Bretagne :le télégramme ou Ouest France

Pour voir des exemples de migrations effectuées par des Tortues luths parties de Guyane, allez faire un tour sur le site Réseau Tortues Marines Guyane.

Pour voir des cartes postales anciennes de la Tortue luth échouée à Concarneau en 1907, aller visiter le site « cheloniens.free.fr« 

Pour voir des articles sur des observations récentes de Tortues luths en Bretagne : Le télégramme du 31/08/2011, le « Ouest France » du 27/09/2013, ou le site actu.fr

Pour savoir ce qu’il faut faire si vous avez observé un échouage d’un mammifère marin ou d’une tortue marine en Guyane, lisez cet article de l’association Kwata.

Des livres pour en savoir plus sur les Tortues luths et les Tortues marines en général :

« Les tortues marines de Guyane« , 2005, Jacques Fretey, Plumes vertes.

« La Tortue luth« , 2008, L. Kelle, G. Feuillet et al., Collection Nature Guyanaise, WWF, 60p.

« Note sur la Fréquence de la Tortue luth (Dermochelys coriacea L.) près des côtes de la Charente-Maritime », 1968, R. Duguy, Annales de la Société des Sciences Naturelles de la Charente-Maritime, p.8-15

Pour la Tortue luth pêchée près de Bordeaux, en 1904 :

« Les Gens de mer », 1999, N. Cazeils, Ed. Ouest France, p.118

Quant au devenir de ce spécimen, M. Laurent Charles, Chargé de collections au Musée de Bordeaux, a eu la gentillesse de communiquer cette citation de François Daleau, préhistorien et naturaliste ayant vécu à Blaye qui écrivait en 1907 : « Ce chélonien gigantesque, qui aurait dû enrichir le Musée de Bordeaux, fut vendu, si je ne m’abuse, à un marchand d’Anvers ! ».

Pour les enseignants :

Argonautica, proposé par le CNES, permet de monter des projets sur le suivi d’animaux marins par satellites, pour en savoir plus, allez visiter la page « Argonimaux« .

 

Un coucou du Guangxi

Une fois n’est pas coutume, Dipijo vous invite au voyage en découvrant quelques oiseaux de la région du Guangxi, en Chine. Le Guangxi est une région subtropicale, au sud-est de la Chine, à la frontière avec le Vietnam. Cliquez sur le lien : Un coucou du Guanxi pour découvrir quelques oiseaux de cette belle région.

Située à environ 16 200 km de la Guyane, vous y retrouverez quelques espèces observées en Guyane comme le Héron strié et des espèces typiquement asiatiques comme le Drongo cendré. Ce qui nous pose la question : Comment expliquer la distribution des oiseaux sur la planète ? Ce sera la première question de cette nouvelle année scolaire. Vous pouvez envoyez vos réponses à dipijo@wanadoo.fr

Bonne rentrée !

Complètement perchés !

La Guyane offre un intérêt majeur pour un certain nombre d’espèces, on peut y vivre complétement perchés ! Recouverte de forêt, certains animaux descendent rarement au sol, et encore, c’est souvent par obligation. Ils passent l’essentiel de leur vie à plusieurs mètres au-dessus du sol. Leur vie est entièrement liée à celle des arbres qui les hébergent. On dit qu’ils sont arboricoles, non pas qu’ils collent aux arbres, mais qu’ils habitent ceux-ci, « colo » en latin veut dire « habiter ».

Découvrons quelques habitants des arbres. Pour cette première partie, faisons un tour chez les mammifères. Évidemment, on pense tout de suite aux singes. Parmi les singes de Guyane, on voit certaines petites espèces comme les Tamarins à mains jaunes ou les Saïmiris traverser la route, à l’aise pour se déplacer sur le sol. Mais, les deux grandes espèces, le Baboune et le Kwata, vivent la plus grande partie de leur vie dans les hauteurs des arbres. C’est le cas du célèbre Singe hurleur roux, le Baboune, qui fait résonner son cri puissant dans la forêt.  Il se sert de ses quatre membres mais aussi de sa queue préhensile pour se déplacer de branche en branche. Le Saki à face pâle, plus discret, saute d’un arbre à l’autre en se servant de sa queue comme balancier. Il peut se déplacer ainsi très rapidement.

 

Un autre mammifère complètement lié aux arbres est le paresseux. Il se déplace lentement solidement accroché aux branches grâce à ses grandes griffes. A terre, il est très maladroit. Par contre, il nage très bien.

 

En Guyane, il existe deux espèces d’écureuils : Le grand et le petit Guerlingué. Si on croise parfois le grand Guerlingué au sol ramassant quelques graines, le petit Guerlingué, vit tout le temps dans les arbres. Il est extrêmement agile et fait des demi-tours spectaculaires même sur les gros troncs verticaux.

 

Le Grand Opossum laineux arboricole, le Coendou à queue préhensile, la Tayra, le Coati, la Souris arboricole, les félins comme le Chat margay sont tous des mammifères qui se déplacent facilement dans les arbres. Pour tous, la couverture forestière est importante.

 

Les arbres servent de refuge, de terrain de chasse ou de cueillette pour toutes ces espèces. Alors, en vous promenant dans la forêt, n’oubliez pas de regarder en haut. Et surtout ouvrez grands les oreilles, vous repérerez ces animaux aux bruits qu’ils font en se déplaçant de branche en branche.

 

Pour bien démarrer les vacances.

Vous voulez décompresser après le bac ? Le DNB ? Vous versez encore une petite larme après le départ de vos chers élèves ? No stress, Maître Bradipus vous donne deux ou trois conseils pour réussir un bon départ en vacances.

Leçon 1 : Inutile de vous renfermer sur vous même, partez à la recherche de nouveaux horizons.

Leçon 2 : Oubliez votre air « intelligent, bon élève » et souriez, les vacances promettent d’être belles.

Leçon 3 : Sortez les couleurs et oubliez le coiffeur !

Leçon 4 : Commencez les vacances par de l’exercice « soft » !

Leçon 5 : Pour les sports extrêmes, restez prudents.

Leçon 6 : Dans tous les cas, n’oubliez pas de récupérer !

Si vous avez suivi tous ces conseils, normalement vous devriez en être là :

Je ne m’enfuis pas je vole, Comprenez bien je vole !